Un projet mal parti

La première pelletée de terre pour construire l'édifice 2-22, à l'angle de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent, devait avoir lieu en octobre dernier. Elle a été reportée à mai prochain. Le projet initial a été revu et il sera moins ambitieux. Le côté ouest du boulevard St-Laurent devait accueillir 400 000 pieds carrés de bureaux et de commerces. Sur les plans, l'espace a été réduit des deux tiers et là aussi, le début des travaux est repoussé. Quant au projet de locaux culturels au-dessus du métro Saint-Laurent, il est paralysé. Que se passe-t-il? Comment expliquer que la revitalisation d'un secteur aussi névralgique de Montréal soit sans cesse retardée?

Est-ce dû à l'inexpérience du promoteur Christian Yaccarini, pdg du Technopôle Angus? Ou est-ce la faute de la Ville de Montréal qui a lancé ce projet n'importe comment, sans cadre ni balise et surtout, sans aucun appel de propositions public?

 

Bref, serions-nous, comme le laissent entendre plusieurs acteurs de la scène municipale, face à un projet qui, à lui seul, cristallise tout ce qui ne tourne pas rond lorsqu'il est question de développer Montréal?

Devant les membres de la chambre de commerce de Montréal, hier, M. Yaccarini a dénoncé les consultations publiques qui, à son avis, arrivent trop tard dans le processus. Personne ne remettra en question l'importance de l'Office de consultation publique, qui est primordiale. M. Yaccarini n'a pas tort de remettre en question le fait qu'on consulte une fois que le projet est très avancé, mais il faut bien consulter sur quelque chose! Peut-être devrait-on s'inspirer davantage de l'expérience menée dans l'arrondissement du Sud-Ouest, où l'Office est intervenu dès le début du projet de développement des anciens entrepôts du CN? La question doit être posée.

Le point de vue de M. Yaccarini est avant tout celui d'un promoteur qui n'apprécie pas qu'on lui mette des bâtons dans les roues, c'est entendu. Cela ne l'empêche pas de soulever des questions pertinentes, par exemple lorsqu'il souligne, comme plusieurs avant lui, le manque de leadership politique à Montréal.

Justement, on peut se demander pourquoi la Ville de Montréal a cédé ainsi les rênes du développement de la Main à un promoteur, sans avoir réfléchi au préalable à ce qu'elle aurait aimé retrouver dans ce coin de la Ville. Comment expliquer cette absence de cadre, de direction? Maintenant que le promoteur est avancé et qu'il éprouve des difficultés à boucler son projet, comment expliquer que la Ville ne l'appuie pas publiquement et avec vigueur puisque c'est elle qui l'a choisi? Comme si, à l'hôtel de ville, on se disait: advienne que pourra...

Bref, du début à la fin, le développement de cette portion de la Main aura été marqué par des décisions discutables et surtout, par un manque de colonne vertébrale des élus montréalais qui semblent incapables d'imposer une vision de développement pour un Quartier des spectacles qui est pourtant, du moins c'est ce qu'on nous répète, la priorité des priorités. Soupir.

 

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