L'avion fantôme

Un Antonov AN-26 de l'armée de l'air vietnamienne... (PHOTO REUTERS/KHAM)

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Un Antonov AN-26 de l'armée de l'air vietnamienne participe aux recherches pour retrouver le Boeing 777 de la Malaysia Airlines disparu samedi.

PHOTO REUTERS/KHAM

Mario Roy
La Presse

D'ici à ce qu'on connaisse toute l'histoire du vol 370 de la Malaysia Airlines, sans doute aurons-nous droit à d'autres hypothèses hasardeuses, spéculations acrobatiques, informations provenant de sources souvent anonymes et aussitôt démenties. C'est le menu proposé depuis six jours aux médias et aux familles des 239 personnes volant à bord du Boeing 777 devenu un avion fantôme.

Cependant, deux choses sont déjà certaines.

Un: la crise a été très mal gérée par le gouvernement malaisien, qui a livré «une litanie d'informations confuses», résume l'agence Reuters. Et deux: même si les avions modernes sont très «bavards», leurs multiples systèmes de communication deviennent muets lorsqu'on a le plus besoin d'eux.

Or, en pareille circonstance, tout repose sur l'information.

***

L'information technique, d'abord.

Dans le passé, on a déjà réclamé qu'un système permettant de transmettre en temps réel l'ensemble des données de vol soit mis au point. Ainsi, en cas de catastrophe, elles seraient immédiatement disponibles. Ce souhait avait notamment été exprimé, en 2009, lors de la disparition en mer du vol 447 d'Air France: les boîtes noires n'avaient été repêchées que deux ans plus tard - deux ans d'incertitude.

Or, le problème n'est pas technique, mais économique.

Le nombre de vols commerciaux dans le monde excède les 30 millions par année. De sorte que la quantité d'information à transmettre et l'étendue de la couverture satellitaire rendraient l'initiative extraordinairement coûteuse: jusqu'à 300 millions, par année, par compagnie aérienne. Et ce, alors que la disparition corps et biens d'un gros porteur est un événement rarissime. Néanmoins, des solutions intermédiaires (transmission ponctuelle de données choisies, par exemple) sont à l'étude.

Cependant, l'affaire du vol 370 est davantage marquée par la dissimulation et la manipulation de l'information qui, normalement, devrait être disponible.

Reste-t-il des doutes sur la liste des passagers? Que révèle au juste la couverture radar? Le Boeing a-t-il volé longtemps après le silence subit de ses transpondeurs? Qu'indiquent les données communiquées au sol par les moteurs Rolls-Royce de l'avion? Et celles du système ACARS qui, lui aussi, transmet des informations techniques? ... C'est la ronde interminable des suppositions, des affirmations, des réfutations.

Au coeur d'une région politiquement complexe, la Malaisie est une démocratie discrètement autoritaire - le régime actuel est en place depuis 57 ans! - qui ne semble pas manifester la compétence et la transparence nécessaires pour affronter une telle situation. Même la Chine, qui avait 152 ressortissants à bord, et le Viêtnam ont publiquement exprimé leur insatisfaction.

Le mystère du vol 370 intrigue et émeut la planète entière. Les autorités malaisiennes ont le devoir de travailler sans réticences à ce qu'il soit résolu.




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