Le nouveau Sud

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Dans le langage courant, les «pays du Sud» sont ceux qui, en général situés sous l'équateur, tentent de (ou échouent à) s'extraire de la misère. Mais en Europe, aujourd'hui, ils désignent plutôt la Grèce, l'Italie, l'Espagne, Chypre. Tel est du moins le paysage vu du Nord, notamment de l'Allemagne, de la Scandinavie, des Pays-Bas.

«La rancoeur entre le Nord et le Sud s'intensifie», note The Economist. «Ceux qui respectent les règles, c'est-à-dire les pays du Nord, n'ont pas à financer continuellement ceux qui ne les respectent pas», illustre le premier ministre de la Finlande.

Maintenant, la question est: la France va-t-elle s'inscrire sur la liste des pays «Club Med» ?

***

Il y a deux jours, dans une entrevue télé considérée comme une intervention majeure, le président François Hollande a avoué que «la crise a été trop longue, le pays ne peut plus attendre, j'ai le devoir de faire sortir la France de la crise».

Après seulement dix mois d'exercice du pouvoir, en effet, le président de la République est gravement fragilisé tout comme l'est l'économie du pays.

La France connaît une croissance négative. Le chômage dépasse 10%, à un cheveu d'un pic historique. Fin 2012, le pouvoir d'achat des Français a baissé pour la première fois depuis 1984 (sous Mitterrand), principalement en raison des hausses d'impôt. Et Hollande ne se sort pas très bien d'affaire. Sa cote d'amour est déjà inférieure à 30%, un précipice que Nicolas Sarkozy avait mis des années à creuser. La grogne s'installe même au sein de son propre parti - et de l'ultra-gauche, bien sûr, qui lui reproche de gouverner à droite. Pourtant, une récente élection partielle a vu le vote socialiste migrer de façon importante vers le Front national...

Cependant, la politique est souvent affaire de symboles.

Et, peut-être davantage que la glaciation de l'économie, c'est l'affaire de l'«impôt sur les riches» (à hauteur de 75%, promis, mais finalement inapplicable) qui a figé l'image du président. Lequel, en tant que candidat, «a tapé sur les riches pour se faire élire avant de découvrir qu'il ne pouvait pas se passer d'eux pour redresser le pays», a écrit Le Monde, pourtant peu suspect d'être acoquiné aux barons du capital.

Le projet d'une telle quasi-confiscation, on le sait, a à la fois inquiété et... diverti à partir du moment où Gérard Depardieu s'en est mêlé. Or, sur le plateau de France 2, Hollande a déposé cette patate chaude dans les mains de l'entreprise qui sera, elle, taxée pour les hauts salaires qu'elle verse - un échappatoire en forme de bretzel, pour ainsi dire.

Au bout du compte, François Hollande a-t-il convaincu les Français si vite désabusés de lui? Il leur a en tous cas promis que, jamais, l'État n'irait piger dans leur compte d'épargne, comme à Chypre.

C'est, convenons-en, le degré zéro de la mise en confiance.

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