La hargne 2.0

Serons-nous forcés de vivre une campagne électorale placée... (PHOTO JEAN GOUPIL, ARCHIVES LA PRESSE)

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Serons-nous forcés de vivre une campagne électorale placée à l'enseigne de la hargne?

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Mario Roy
La Presse

Le congrès des jeunes libéraux aura lieu les 11 et 12 août, à Victoriaville, où l'une des plus violentes manifestations du conflit étudiant (12 blessés, 106 arrestations) s'est déroulée en mai, également lors d'assises du Parti libéral du Québec. Déjà, un groupuscule appelle à une «Opération terre brûlée» pour accueillir les congressistes.

Terre brûlée. Sait-on ce que cette expression évoque? L'idée de destruction massive, de feu, de poussière et de cendres.

Il ne s'agit que d'une figure de style, bien sûr. Et d'un groupuscule, inconnu au bataillon, dont les effectifs tiendraient peut-être au grand complet sur le siège arrière d'une voiture de police. Mais nous avons appris à la dure, récemment, que les groupuscules et les figures de style, lorsqu'ils et elles voyagent sur les médias sociaux et jouissent de la sympathie d'une certaine intelligentsia, peuvent faire beaucoup de dégâts. Et pas surtout matériels.

La conséquence la plus tangible des excès commis autour du conflit étudiant aura été, en effet, d'instaurer un climat de haine et de mépris tel que le Québec n'en avait jamais connu, même au cours des campagnes référendaires. Lesquelles débattaient pourtant d'une question autrement importante! Souvenons-nous de ce triste printemps 2012. Grossièreté extrême, insultes personnelles, intolérance totale, appels à la violence, menaces de mort... bref, une sévère régression collective que des «logues» sauront peut-être expliquer un jour.

En attendant, serons-nous forcés de vivre une campagne électorale placée à telle enseigne? Une campagne vandalisée par ce qu'on pourrait appeler la... hargne 2.0?

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Quiconque est touché par cette sorte de maladie transmissible textuellement trouvera facilement des motifs pour détester tous et chacun des partis en lice. Pour un marteau, tout est un clou.

Le Parti libéral? Toutes les raisons de le haïr et de le mépriser ont déjà été exposées en long et en large: on n'a que l'embarras du choix. La monomanie vieille-fleur-de-lys du Parti québécois peut être parfaitement insupportable. Le caractère insaisissable (on verra!) et gaffeur de la Coalition avenir Québec tombe sur les nerfs. Quant aux plateaupithèques de Québec solidaire et à leur évangile néo-marxiste...

Facile, n'est-ce pas?

Mais est-ce vraiment ce que nous désirons comme débat?

À la condition de ne pas se laisser obnubiler par le dossier des droits de scolarité, et envahir par la hargne 2.0, on réalisera dès les premières heures de la campagne électorale que les enjeux sont majeurs. Les ressources naturelles: à exploiter ou pas et, si oui, de quelle manière? Le développement économique: doit-on croître ou décroître, et comment? Le rôle et la taille de l'État: est-ce qu'on poursuit, ou non, sur la lancée de la Révolution tranquille? Et tout le reste...

Rien de cela ne se réglera en se crachant au visage et en se criant des noms d'oiseaux.




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