Un procureur spécial pour Hillary Clinton ?

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« Bien que l'histoire des courriels personnels ne soit pas en principe de nature à torpiller sa campagne, l'affaire a fait mal à Hillary Clinton, qui a refusé pendant des mois d'esquisser des excuses », rappelle notre éditorialiste.

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Au dire des républicains, le ministère de la Justice américain devrait désigner sans plus attendre un procureur spécial pour faire la lumière sur la manière dont Hillary Clinton a géré ses courriels alors qu'elle était secrétaire d'État.

La suggestion lancée cette semaine par un influent sénateur rappelle l'époque où le mari de la politicienne était dans l'embarras en raison de ses frasques avec Monica Lewinsky. Et qu'il avait frôlé la destitution.

Les adversaires de la favorite démocrate pour la prochaine élection présidentielle aimeraient rejouer l'histoire, sous une autre forme, pour torpiller ses chances, mais les faits sous-jacents ne semblent pas de nature à donner prise à un tel scénario.

Ces excès partisans ne signifient pas pour autant qu'il n'y a rien de préoccupant dans les agissements qui lui sont reprochés.

La révélation, en mars, qu'elle avait utilisé tout au long de son mandat une adresse courriel privée plutôt qu'une adresse officielle, et même aménagé un serveur à cette fin, suscite des interrogations légitimes qui tardent à trouver des réponses claires.

L'ancienne secrétaire d'État a-t-elle voulu se soustraire aux dispositions législatives sur l'accès à l'information l'obligeant à conserver tous les écrits liés à sa fonction ?

A-t-elle par ailleurs pris des risques inconsidérés en utilisant un serveur mal sécurisé qui aurait pu permettre à des pirates informatiques d'avoir accès à des informations protégées ?

La principale intéressée maintient qu'elle voulait simplement limiter le nombre d'appareils électroniques requis pour gérer ses communications. Selon elle, tout était parfaitement légal et sécuritaire, et l'information sensible a été gérée comme il se doit.

Son entourage a remis au gouvernement des copies de dizaines de milliers de courriels qui ont commencé à être divulgués sur ordre d'un tribunal. Plus de 30 000 autres ont été détruits parce qu'ils n'avaient supposément rien à voir avec ses fonctions.

En juillet, l'inspecteur général de la communauté du renseignement a annoncé qu'il avait identifié une poignée de courriels qui auraient dû être classés secrets en analysant un échantillon limité de ses écrits.

Le FBI se penche sur le dossier, mais le ministère de la Justice a précisé que l'enquête en cours n'est pas de nature criminelle et ne cible pas spécifiquement Hillary Clinton.

Bien qu'elle ne soit pas en principe de nature à torpiller sa campagne, l'affaire a fait mal à l'ancienne première dame américaine, qui a refusé pendant des mois d'esquisser des excuses.

Elle a finalement reconnu il y a quelques jours qu'elle aurait dû procéder autrement, mais le mea-culpa était prononcé du bout des lèvres. Et il laissait en suspens plusieurs questions importantes.

À défaut de mettre vraiment cartes sur table, ce qui présuppose notamment d'expliciter pourquoi elle a jugé nécessaire de mettre sur pied son propre serveur, Hillary Clinton continuera de prêter flanc aux attaques.

Les plus récents sondages, qui témoignent d'une baisse de sa popularité, devraient la convaincre des vertus d'une plus grande transparence.

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