Le holà allemand

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Avec l'aval de la chancelière Angela Merkel, des dizaines de milliers d'exilés de Syrie et d'ailleurs ont été accueillis en Allemagne à bras ouverts.

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Au cours des dernières semaines, l'Allemagne semblait presque s'être donné pour but de résoudre à elle seule la crise des réfugiés qui frappe le continent européen.

Avec l'aval de la chancelière Angela Merkel, qui a posé pour des égoportraits avec de nouveaux arrivants afin de souligner son message de solidarité, des dizaines de milliers d'exilés de Syrie et d'ailleurs ont été accueillis à bras ouverts.

Cet afflux a cependant mis rudement à l'épreuve les capacités d'accueil du pays, qui a esquissé dimanche une volte-face importante en réintroduisant temporairement des contrôles d'identité à ses frontières.

La décision met à mal l'un des piliers du projet européen, la libre circulation des personnes, qui a été introduite par les accords de Schengen en 1985 et progressivement élargie à plus d'une vingtaine d'États du continent.

Le rétablissement des contrôles frontaliers est possible en cas de « menace grave » pour l'ordre public, mais la disposition a essentiellement été utilisée par le passé pour assurer la sécurité de sommets politiques ou d'évènements sportifs d'envergure.

À l'appui de sa décision, le gouvernement allemand a relevé qu'il pourrait avoir à accueillir cette année jusqu'à un million de demandeurs d'asile, un total sans commune mesure avec les autres pays de la zone.

Le rétablissement des contrôles d'identité vise notamment à faire pression sur les États de l'espace Schengen afin de les amener à accueillir une part plus importante des réfugiés.

Le stratagème pourrait s'avérer contreproductif puisque la première conséquence de la décision allemande a été d'amener hier d'autres pays - notamment l'Autriche, la Slovaquie et la République tchèque - à imposer leurs propres contrôles.

Les États européens les plus hostiles envers les réfugiés ont même accueilli la mesure allemande comme une confirmation du bien-fondé de leur attitude de fermeture.

Le premier ministre hongrois Viktor Orbán a notamment affirmé que l'initiative de Berlin était « nécessaire ». Il a récemment fait voter un projet de loi qui rendra passibles de trois ans d'emprisonnement les personnes qui tentent de franchir illégalement la frontière entre son pays et la Serbie.

Le dirigeant hongrois, à l'instar de plusieurs de ses homologues, ne veut rien entendre du système de quotas contraignants que la Commission européenne veut utiliser, avec l'aval de Berlin, pour répartir un contingent total de 160 000 demandeurs d'asile à travers le continent.

Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a indiqué hier soir qu'il avait été impossible de parvenir à un « accord unanime » à ce sujet lors d'une réunion extraordinaire tenue à Bruxelles. 

Bien que l'approche des quotas s'annonce complexe à formaliser et à appliquer, elle semble autrement plus prometteuse que le « chacun pour soi » qui caractérise pour l'heure l'approche de plusieurs États européens.

L'Allemagne, en évoquant ses limites face à la crise, tente d'imposer un sérieux examen de conscience. ll est loin d'être clair qu'il aura lieu.

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