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Quelque 1750 personnes ont perdu la vie depuis le début de l'année en tentant de traverser la Méditerranée, déplore l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

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La crise des migrants prend une telle ampleur à l'échelle planétaire qu'il faut remonter à l'époque de la Seconde Guerre mondiale pour trouver une situation équivalente.

Le constat vient d'Amnistie internationale, qui dénonçait cette semaine dans un rapport mordant l'inaction de la communauté internationale à ce sujet en évoquant une « conspiration de négligence ».

Les Nations unies ont enfoncé le clou en précisant que la planète comptait près de 60 millions de réfugiés, de demandeurs d'asile et de déplacés internes à la fin de 2014, un record. Un humain sur 122 est aujourd'hui concerné par ce que le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) appelle une « ère sans précédent de déplacement de masse ».

L'un des principaux moteurs de ce mouvement est la multiplication des conflits armés. La guerre civile en Syrie a poussé à elle seule des millions de personnes sur la route. La misère économique joue aussi un rôle de premier plan.

Le dirigeant du HCR, Antonio Guterres, estime qu'une « réponse humanitaire sans précédent et un engagement global renouvelé de tolérance et de protection » s'imposent. On est loin du compte.

Plutôt que de prendre acte de la situation et de mobiliser des ressources conséquentes, les dirigeants des pays développés ergotent ou, pire, détournent le regard.

Les membres de l'Union européenne en donnent un exemple éloquent en se déchirant sur l'idée de répartir à l'échelle du continent une fraction des réfugiés qui arrivent, en grand nombre, en Grèce et en Italie après une périlleuse traversée en mer Méditerranée.

Les tergiversations des élus font le jeu des partis de droite nationaliste qui engrangent les points politiques en exacerbant les fantasmes et les peurs de la population. On en a encore eu un exemple il y a quelques jours au Danemark, où un parti populiste anti-immigration est arrivé deuxième d'un scrutin marqué par la question.

En Hongrie, le premier ministre nationaliste Viktor Orban a déclaré que l'idée de répartir des réfugiés à l'échelle du continent était « démentielle ». Son gouvernement a annoncé du même souffle qu'il entendait construire un mur avec la Serbie pour freiner l'immigration illégale.

Le rapporteur spécial sur les droits des migrants aux Nations Unies, François Crépeau, estime que le comportement de la classe politique européenne est « pathétique » et que la capacité d'accueil réel des pays développés est largement supérieure à celle qui est timidement évoquée.

La situation reflète, dit-il, l'incapacité des partis centristes à défendre un discours progressiste sur la « diversité et la mobilité » capable de faire contrepoids aux fantasmes entretenus par les populistes.

Plutôt que de se replier sur elle-même et de favoriser ce faisant les passeurs, l'Europe aurait tout à gagner, juge M. Crépeau, à s'ouvrir à la migration et à l'organiser.

Les personnes qui abandonnent leur foyer pour fuir la persécution ou se chercher un avenir économique ne le font pas par gaieté de coeur. Ils continueront d'affluer, d'une manière ou d'une autre, parce que la répression, la peur ou l'indifférence ne feront pas disparaître leurs aspirations.

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