La lutte des classes

Le passager qui a menacé des passagers et... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le passager qui a menacé des passagers et des membres d'équipage d'un vol de Sunwing a remis le phénomène de la rage de l'air dans l'actualité.

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Le passager violent qui a menacé des passagers et des membres d'équipage d'un vol de Sunwing en direction de Cuba, la semaine dernière, a remis le phénomène de la rage de l'air dans l'actualité. À l'instar de la rage au volant, ce comportement antisocial n'est pas nouveau. Mais il connaît une forte augmentation, alors que l'avion est un mode de transport de plus en plus populaire.

Depuis 1990, la rage de l'air est en hausse constante. En 2015, on notait une augmentation de 17 % des cas, soit 10 854 incidents en comparaison de 9316 l'année précédente. Pour la contrer, passagers et transporteurs aériens ont une responsabilité partagée.

Car la rage de l'air est nuisible au public et onéreuse pour les transporteurs.

Selon I'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), ces derniers doivent débourser, en moyenne, 200 000 $ en frais reliés au détournement d'un avion durant un vol à cause d'un passager au comportement violent.

Plusieurs facteurs expliquent le phénomène de la rage de l'air. Mentionnons les normes de sécurité accrues ; le manque d'espace à bord ; les travaux de rénovation dans les aéroports ; les retards ; les correspondances difficiles ; les procédures d'embarquement ; le stress du voyage, sans oublier l'alcool.

Néanmoins, malgré ces frustrations, on se déplace davantage en avion. Parce que la population augmente en même temps que les billets d'avion deviennent plus abordables avec les rabais et le low cost.

La directrice du Centre d'études sur le stress humain, Sonia Lupien, cite une autre cause. Selon un groupe de chercheurs en neuroscience de Toronto, la hausse des passagers qui pètent les plombs en l'air s'expliquerait aussi par un sentiment d'inégalité sociale à bord des avions au long cours. « Un avion n'est rien d'autre qu'une microsociété dans laquelle on peut voir émerger des classes sociales. Quand les passagers embarquent par le devant de l'avion, ils doivent passer devant les passagers de première classe, qui ont leur verre de champagne à la main », illustrait Mme Lupien en entrevue à l'émission Médium large en février dernier. Qui plus est, l'espace se rétrécit entre les sièges en classe économique sur certains vols.

Dans un monde où évolution rimerait avec solution, voyager en avion devrait être plus agréable en 2017... qu'en 1967. Or, c'est l'inverse : prendre l'avion est souvent une expérience désagréable.

L'industrie de l'aviation civile porte une part du blâme. Elle tient souvent sa clientèle pour acquise et diminue sans cesse ses services.

On croirait que dans la mentalité des transporteurs aériens, le client a rarement raison... Drôle de marketing pour une industrie économiquement fragile.

Toutefois, les voyageurs doivent aussi faire un examen de conscience. Comme s'interroger sur leurs comportements en société. À l'ère des trolls et du harcèlement dans les médias sociaux, pas sûr que la courtoisie et la politesse soient des comportements sociaux dominants en 2017... En général, on observe plutôt un manque de civilité.

Rouspéter parce qu'on se fait prendre sa place dans la file au supermarché, ça peut toujours aller. Mais péter les plombs dans une cabine surpeuplée à 35 000 pieds dans les airs, c'est plus dommageable...




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