Semaine de la Fierté: pour vivre ensemble

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« L'ouverture de la société envers les minorités sexuelles est visible partout en Occident. Au grand dam des forces obscurantistes qui regrettent le Moyen-Âge », écrit notre éditorialiste.

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« Lorsqu'une chose évolue, tout ce qui est autour évolue de même », a écrit l'auteur Paulo Coelho. Il en va des progrès réalisés en matière d'égalité pour les gais et les lesbiennes au Québec et au Canada. Quel bel exemple d'avancement pour mieux apprendre à vivre ensemble, malgré nos différences.

Depuis un demi-siècle, notre société repousse sans cesse les frontières de l'intolérance. De l'adoption du « bill omnibus » en 1969, à la loi fédérale sur le mariage entre conjoints de même sexe, en 2005, jusqu'au plan d'action de lutte contre l'homophobie du gouvernement du Québec, en 2011, les gains historiques sont immenses.

L'ouverture de la société envers les minorités sexuelles est visible partout en Occident. Au grand dam des forces obscurantistes qui regrettent le Moyen-Âge.

Aux États-Unis, des études démontrent que l'acceptation des LGBT (lesbiennes, gais, bi et trans) est en nette progression depuis 20 ans. Par exemple, en 2001, 57 % des Américains s'opposaient au mariage gai, contre 35 % qui l'appuyaient. En 2016, la tendance s'est complètement inversée : une majorité est en faveur (55 %), et 35 % des répondants s'y opposent1.

Il est loin le temps où les pays occidentaux emprisonnaient les homosexuels pour « crime de sodomie » (cinq ans de prison au Canada jusqu'en 1967). Ou celui de la stigmatisation médicale ; l'American Psychiatric Association a retiré l'homosexualité de la liste des maladies mentales en 1973.

Autres temps, autres moeurs. Tellement qu'on s'étonne lorsqu'on voit apparaître de la résistance.

Au plus fort du mouvement Manifs pour tous, opposé au mariage homosexuel, l'on constatait avec stupeur qu'au pays de Voltaire et de Foucault, les mentalités semblent évoluer moins vite que dans des pays « traditionnels » comme l'Espagne ou l'Argentine.

*** 

« La société ne change pas seule : il faut des agents de changement », dit Laurent McCutcheon, fondateur de la Fondation Émergence. Après la reconnaissance juridique, la nouvelle quête des LGBT est, selon lui, celle de l'acceptation totale. « La tolérance, c'est l'indifférence, croit l'ex-porte-parole de Gai Écoute. Je ne veux pas être toléré par ma famille (ou mes amis), mais accepté comme je suis. »

Le militant avance que l'égalité passe par l'affirmation de soi. En cela, il reste encore du pain sur la planche. La Fondation Émergence a réalisé un programme pour sensibiliser le personnel et les intervenants des centres d'accueil à la réalité des personnes aînées LGBT. Ces dernières craignent souvent de parler ouvertement de leur vie amoureuse. Après avoir mis des années à sortir du placard, plusieurs aînés font le choix d'y retourner en rentrant en résidence.

Il reste également des défis d'intégration dans les entreprises et le milieu du travail. Un sondage publié aujourd'hui même par la société TELUS affirme que le tiers des travailleurs LGBT ont « vécu ou perçu » de la discrimination au travail. Et 57 % des répondants n'ont jamais révélé officiellement leur orientation sexuelle à leurs collègues, car ils craignent « des réactions hostiles ou des conséquences sur leur avancement professionnel ». Désolant.

Si tout n'est pas rose, le seuil de tolérance est bel et bien franchi. Du moins au Québec. En l'espace d'une ou deux générations, la population est (presque) arrivée à oublier le mot « sexualité » dans... homosexualité. Vouloir réduire des personnes à leurs pratiques sexuelles est devenu inacceptable. Désormais, on interroge la communauté LGBT pour parler de couple, de mariage, d'adoption, de famille, de droits... Comme on le fait avec les hétérosexuels.

Finalement, sortir du placard auprès de ses proches, affirmer avec fierté son homosexualité, c'est d'abord et avant tout une question de dignité humaine.

1Sondages réalisés par le Pew Research Center en 2001 et 2016.

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