L'emploi du président

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Mitt Romney pourrait-il vraiment faire mieux que Barack Obama pour revigorer l'économie américaine?

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Jean-Pascal Beaupré
La Presse

Le marché du travail fait du surplace aux États-Unis. La croissance économique est insuffisante pour faire diminuer le taux de chômage qui tarde à percer le plancher des 8%.

Cette inertie de l'emploi n'est pas sans nuire aux chances de Barack Obama d'être reconduit président pour un second mandat en novembre. La morosité ambiante qui prévaut apparaît comme le principal écueil à sa réélection et, par ricochet, la bouée à laquelle s'accroche son rival républicain Mitt Romney pour tenter de le déloger de la Maison-Blanche.

D'après de récents sondages nationaux, M. Obama jouirait d'un avantage d'environ cinq points dans les États clés, résultat d'un rebond favorable d'après-convention démocrate. Mais cette avance pourrait s'évaporer si de mauvaises nouvelles économiques devaient s'abattre sur l'économie, déjà fragile, dans les semaines précédant le scrutin.

Bien que les États-Unis aient récupéré un peu plus de la moitié des 8 millions d'emplois perdus lors de la Grande récession, l'économie tourne à vide. Quand on cherche un bouc émissaire, rien de plus facile que de blâmer le président. Ses opposants ne s'en privent pas. Il est cependant ironique d'entendre M. Romney reprocher à M. Obama ce que la Chambre des représentants, à majorité républicaine, lui a refusé l'an dernier: un programme favorisant la création de 1,3 million d'emplois.

À bien y penser, Mitt Romney pourrait-il faire mieux que M. Obama pour revigorer une économie chancelante sans mettre en péril les finances de l'État? S'il claironne d'un rassemblement à l'autre qu'il créerait 12 millions d'emplois au cours des quatre prochaines années, l'ex-gouverneur se fait silencieux sur les moyens qu'il compte utiliser pour remplir sa promesse. Afin d'être plus crédible, il aura avantage, comme le pressent de le faire des stratèges républicains, à se montrer plus spécifique lors des débats présidentiels en octobre.

Pendant que le Congrès reste les bras croisés, la banque centrale américaine doit se débrouiller seule pour adopter des mesures de relance. Jeudi, la Fed a sorti son artillerie lourde pour extirper le marché du travail de sa torpeur. Le hic, c'est que les entreprises ont peur d'embaucher face à un horizon incertain. Et que les consommateurs, désormais des cigales, se sont mués en fourmis. Pire, le grand patron de la Fed, Ben Bernanke, craint que ses efforts soient annihilés par le cocktail explosif composé de réductions de dépenses et de hausses d'impôts qui a été concocté au Capitole pour le début de 2013.

Sans le comportement cahoteux de l'économie, il est fort à parier que la candidature terne de Mitt Romney ne ferait pas le poids devant l'envergure et le charisme du président sortant. Mais si les nuages devaient continuer de s'accumuler dans le ciel économique, il ne faudrait pas exclure que les électeurs déprimés, en désespoir de cause, fassent perdre à Barack Obama son propre emploi.




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