Tous contre Boeing !

« La mauvaise foi de l'avionneur américain Boeing est... (JASON LEE, ARCHIVES REUTERS)

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« La mauvaise foi de l'avionneur américain Boeing est aussi grosse que son plus gros 747 », écrit François Cardinal.

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C'est écrit dans le ciel : Boeing risque de gagner la prochaine manche dans son combat à mort contre la C Series, en début de semaine. C'est pratiquement assuré. Et ce, même si la mauvaise foi de l'avionneur américain est aussi grosse que son plus gros 747...

Bien sûr, on a toujours joué dur dans le marché des avions commerciaux. Mais la plainte déposée contre Bombardier devant la Commission du commerce international des États-Unis (USITC) révèle un niveau d'arrogance et d'hypocrisie rarement vu... sauf peut-être à la Maison-Blanche ces temps-ci.

Officiellement, Boeing souhaite que les autorités imposent deux taxes de 80 % ( !) sur les avions de la C Series pour contrer son soi-disant dumping et ainsi, permettre à tous de se battre à armes égales.

Foutaises ! L'entreprise veut fermer les frontières américaines à ce concurrent qui le nargue dans un segment qu'elle a abandonné, et ainsi tuer la C Series dans l'oeuf.

Pour y arriver, elle a choisi une stratégie que ne renierait pas Donald Trump (un homme que Boeing a d'ailleurs couvert d'éloges dans des publicités pleines pages au moment précis où elle s'attaquait à Bombardier...). Elle a ainsi déposé une plainte absurde devant une commission partisane, dont le penchant pour les entreprises américaines est connu, dans laquelle elle reproche à Bombardier de faire... précisément ce qu'elle fait !

En gros, Boeing prétend que Bombardier contrevient aux règles commerciales en ayant profité d'énormes subventions publiques. Or dans les faits, il s'agit d'une prise de participation (Québec) et d'une contribution remboursable (Ottawa). Mais même s'il s'agissait de subventions, il serait d'une incroyable hypocrisie que Boeing en fasse le moindre reproche à Bombardier !

Boeing fait en effet partie des « Uncle Sam's Favorite Corporations », cette liste (élaborée par un think tank respecté) des entreprises qui reçoivent le plus de subventions directes aux États-Unis. On parle de dizaines de milliards ! Juste pour Boeing !

La seconde critique de l'avionneur est tout aussi ridicule. Il accuse Bombardier d'avoir procédé à du dumping en vendant à Delta 75 avions CS100 sous le prix de construction.

Il est vrai que les appareils ont été vendus à un bas prix... mais tous les avionneurs ont fait ça pour à peu près tous leurs nouveaux avions ! Prenons un exemple au hasard : Boeing. Il y a 10 ans, elle a perdu 300 millions en vendant à Air Canada 16 avions 787...

La duplicité est évidente et elle a d'ailleurs été dénoncée par des gens d'ici et ailleurs, des sénateurs et des gouverneurs américains, des compagnies aériennes et des fabricants de pièces, des syndicats et des associations d'affaires, des experts et des commentateurs, et même la première ministre britannique (voir autres textes dans l'écran suivant).

Et pourtant, un petit groupe isolé d'entreprises installées au Canada comme Héroux-Devtech et CAE ont quand même cru bon se ranger derrière Boeing en demandant au gouvernement Trudeau de ne pas abandonner les avions Super Hornet en guise de représailles ! Comme si le problème était la réaction du Canada plutôt que la plainte qui l'a suscitée !

Or si Boeing veut empêcher Bombardier de pénétrer le marché américain, il va de soi qu'on restreigne le marché canadien à Boeing.

La ligne dure s'impose, et les entreprises affectées par ce conflit, qu'elles soient clientes de Bombardier ou de Boeing, basées au Canada ou aux États-Unis, devraient exiger le retrait de cette plainte frivole qui fait déjà mal à la C Series, à ses travailleurs et à ses sous-traitants, peu importe de quel côté de la frontière ils se situent.

Bombardier ne perdra pas la guerre mardi, entendons-nous. Mais chaque manche perdue l'empêche de prendre sa place sur le marché américain... précisément le but de cette stratégie protectionniste à la Trump.

«« La ligne dure s'impose contre l'avionneur américain. Et les entreprises affectées par ce conflit devraient exiger le retrait de cette plainte frivole. »»





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