Que le G19 se lève!

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La chancelière allemande Angela Merkel a rencontré hier Donald Trump en tête à tête à la veille du sommet du G20 de Hambourg dont elle est l'hôtesse.

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Les chefs d'État qui se retrouvent aujourd'hui à Hambourg ne manquent pas de sujets de discorde, du libre-échange au terrorisme en passant par la Syrie et la Corée du Nord. Mais il y a étonnamment un enjeu sur lequel tous les leaders s'entendent : le climat.

Tous partagent en effet la même position officielle. Tous... sauf un. Donald Trump.

L'ensemble des membres du G20 a en effet adopté l'accord de Paris. Même la Chine. Même la Russie.

Même l'Arabie saoudite qui, croyez-le ou non, a déjà franchi l'étape de la ratification formelle.

Or, étant donné que la rencontre de Hambourg est la toute première à se tenir depuis le repli de l'administration Trump, ne serait-il pas pertinent que les membres les plus influents de la communauté internationale réitèrent leur appui à l'accord de Paris?

Ne serait-il pas pertinent, autrement dit, que le «G19» exprime en choeur sa désapprobation de cette administration qui souhaite l'effondrement de cette fragile entente climatique?

Il n'y a là rien de farfelu. La chose est passée plutôt inaperçue, mais le mois dernier en Italie, les ministres de l'Environnement du G7 ont conclu leur rencontre par une entente de 15 pages qui contenait justement un appui à l'accord de Paris... et un astérisque : «Nous les États-Unis d'Amérique n'adhérons pas à cette section du communiqué.»

Réduire la plus grande puissance mondiale à une vulgaire note de bas de page dans une rencontre ministérielle est une chose, le faire dans une réunion des chefs d'État du G20 en serait une autre.

Ce serait d'abord une victoire morale de la communauté internationale. Elle imposerait l'isolement à celui qui fait tout pour s'isoler, qui bouscule l'ordre international sur une base quasi quotidienne.

Ce serait ensuite, à quelques mois d'une échéance électorale en Allemagne, un exploit diplomatique pour l'hôte du G20, Angela Merkel. Rien ne dit en effet que des pays comme la Russie et l'Arabie saoudite accepteraient facilement d'infliger une telle gifle diplomatique aux États-Unis.

Mais ce serait surtout un appui renouvelé des grandes puissances mondiales à un traité dont l'avenir demeure incertain, quoi qu'on en dise.

Un appui, aussi, aux nombreuses entreprises et aux États américains qui demeurent résolus à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre malgré la prise de position de leur président.

Un communiqué du G19 n'aurait bien sûr aucun poids légal. Il n'infléchirait pas la position américaine par sa seule existence. Mais il constituerait un geste moral et politique puissant. Et il ajouterait, du coup, une pression de plus sur les États-Unis qui, rappelons-le, ne sont pas encore officiellement sortis de l'accord de Paris.

En fait, la chose est peu connue, mais un hasard historique particulièrement piquant fait en sorte qu'ils ne pourront formellement rayer leur signature du traité que le 4 novembre 2020... alors que la prochaine élection présidentielle américaine a lieu la veille, le 3 novembre!

Les chances que les États-Unis reviennent à la raison à court terme sont bien sûr minimes. Mais il est néanmoins important de maintenir la pression en vue de la prochaine rencontre de l'ONU sur le climat, qui aura lieu en novembre en Allemagne.

C'est bien beau pour les membres de la communauté internationale de répéter individuellement qu'ils sont toujours favorables à la première entente universelle sur le climat, mais encore doivent-ils prouver qu'ils demeurent mobilisés.




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