Trump : écolo... contre son gré

Il était assez évident cette semaine que le pipeline Keystone XL était un... (Photo archives La Presse)

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Il était assez évident cette semaine que le pipeline Keystone XL était un passage (politique) obligé, et ce, tant pour Donald Trump que pour Justin Trudeau.

Le président en a fait l'une de ses premières décisions, alors que le premier ministre s'est précipité devant les caméras pour bien montrer à quel point cela le rendait heureux.

Soit. Mais maintenant que le feu vert a été donné à Keystone, de même qu'à Trans Mountain et à la ligne 3, le Canada peut-il se détacher les yeux des pipelines et regarder plus loin ? Peut-il élargir ses visées énergétiques ? Peut-il mettre le cap sur les énergies propres... comme risque de le faire Donald Trump ?

Ce n'est pas évident à première vue, on s'entend. Le président semble plutôt sur le point de « tirer sur la plogue » des renouvelables.

Après tout, il a encore répété jeudi son souhait de ressusciter l'industrie du charbon. Il a mis le plan climatique d'Obama à la poubelle. Et il a qualifié les énergies vertes de « grosse erreur » dans son tout dernier livre, Crippled America, car elles répondent à un problème qui n'existe pas : les changements climatiques.

Mais même si Donald Trump voulait vraiment mettre une croix sur les énergies non polluantes, il aurait bien de la difficulté à le faire. En fait, le contexte est si favorable à cette industrie que le président n'aura pas vraiment d'autre choix que d'emboîter le pas.

Pas pour les beaux yeux de la planète, mais pour des raisons politiques et économiques.

Il faut savoir, d'abord, que cette responsabilité revient aux États américains. Washington peut donner l'impulsion, mais ce sont les États qui décident de contribuer à l'essor des renouvelables. Si bien que 29 d'entre eux imposent aujourd'hui des normes pour qu'une portion croissante de l'électricité provienne de sources non polluantes.

Et dans le lot, les 10 États où l'éolien a le plus de vent dans les pales sont... républicains !

Plus surprenant encore, l'État où l'on retrouve le plus d'éoliennes est le Texas. Un État dirigé jusqu'à tout récemment par Rick Perry... nommé secrétaire à l'Énergie par Trump. Un homme qui se dit climatosceptique... mais qui défend bec et ongles les énergies renouvelables, comme bien des élus républicains, favorables aux crédits d'impôt offerts pour les renouvelables.

« Si Donald Trump veut s'en débarrasser, a d'ailleurs lancé le sénateur Chuck Grassley de l'Iowa, il devra obtenir un projet de loi par le Congrès. Et il le fera over my dead body ! »

Pas compliqué, les énergies propres créent des jobs. À la tonne ! Bien plus que les secteurs du gaz et du pétrole ! Et tous les élus ont bien sûr promis des jobs, incluant Donald Trump.

Tout cela risque donc de transformer le président en partisan des éoliennes, contre son gré. Et tout cela ouvre une fenêtre au gouvernement Trudeau qui, en plus d'avoir multiplié les promesses sur le climat, cherche des occasions de rapprochement avec les États-Unis, notamment sur le plan énergétique.

Le Canada a pris la bonne décision en imposant un prix sur le carbone et en accélérant la fermeture des centrales au charbon. Mais il doit maintenant aller plus loin en traduisant la volonté gouvernementale en gestes, en mesures et en investissements. Bref, en agissant au-delà des pipelines.




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