Les néoconservateurs

Le premier ministre, Stephen Harper... (Photo CHRIS WATTIE, Reuters)

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Le premier ministre, Stephen Harper

Photo CHRIS WATTIE, Reuters

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Nous publions aujourd'hui le second de deux éditoriaux sur le gouvernement Harper et la science. Vous pouvez lire le premier texte en cliquant ici : Les Obscurantistes

Les conservateurs ont été de véritables précurseurs lorsqu'ils ont jeté les bases d'un gouvernement qui s'appuie sur la science et la raison. Cent ans plus tard, ils se sont transformés en fossoyeurs de cet État moderne en sapant les bases scientifiques de l'appareil fédéral.

Il s'agit d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, mais le Parti conservateur a déjà pleinement assumé le qualificatif de «progressiste» avant de se mériter celui d'obscurantiste...

Pour s'en convaincre, il suffit de constater l'héritage de plusieurs des premiers ministres conservateurs, à commencer par Robert Borden, un homme qui a fait entrer de plain-pied l'appareil gouvernemental dans le XXe siècle lors de son règne (1911 à 1920).

Le journaliste Chris Turner rappelle, dans son essai The War on Science (traduit ces jours-ci sous l'affreux titre Science, on coupe!), qu'il a poursuivi l'élan donné par Laurier pour consolider la réforme de la fonction publique, misant notamment sur la multiplication d'agences indépendantes pour conseiller le gouvernement et superviser certaines de ses fonctions.

En lieu et place de l'idéologie et de la partisanerie, Borden a ainsi misé sur deux éléments qui constituaient son cri de ralliement, la neutralité et la compétence... précisément ce qui est remis en question aujourd'hui par ses successeurs avec la mise en tutelle des scientifiques, la fermeture de laboratoires et bibliothèques, l'abolition d'organismes consultatifs et fonds de recherche, etc.

Ces décisions ne font pas toujours les manchettes, mais elles n'en sont pas moins destructrices. Le meilleur exemple est le RLE, un programme scientifique mené dans une cinquantaine de lacs expérimentaux en Ontario depuis près de 50 ans... auquel le gouvernement Harper a coupé les vivres.

C'est pourtant grâce à ce programme de surveillance que le Canada a trouvé la cause des algues vertes dans les années 1970, ce qui a mené à l'abolition des phosphates industriels et domestiques dans de nombreux pays. C'est grâce à lui que l'on a pu faire un lien entre la pollution et les pluies acides dans les années 1980, ce qui a mené à l'adoption du traité sur les pluies acides... par un gouvernement conservateur, celui de Brian Mulroney.

Aujourd'hui, on dit ne plus avoir les 2 millions nécessaires pour en assurer le financement public, même si on déniche 8 millions pour lancer le fisc aux trousses des groupes écologistes. On refuse de reconduire les budgets de la Fondation pour les sciences de l'atmosphère, même si on jure vouloir «nettoyer l'atmosphère». On pousse à la fermeture le seul laboratoire capable de mesurer l'ozone dans l'Arctique (PEARL), même si on se réjouit officiellement du 25e anniversaire du Protocole de Montréal sur la couche d'ozone... adopté lui aussi par un gouvernement conservateur.

Bref, le gouvernement Harper met non seulement à terre l'expertise scientifique de l'État canadien, il démantèle pièce par pièce l'héritage du parti qu'il représente.




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