L'anti-Griffintown

En évitant de construire sur le mont Royal,... (Photo André Pichette, La Presse)

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En évitant de construire sur le mont Royal, on «fait une pierre, deux coups», a indiqué le recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton. «On va préserver le mont Royal, et on va donner à la ville de Montréal un nouveau quartier », à propos du futur Complexe des sciences de l'Université de Montréal.

Photo André Pichette, La Presse

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Cela fait plus de 30 ans qu'on discute de l'avenir du terrain de la gare de triage d'Outremont, un secteur stratégique qui a eu droit à bien des projets au fil du temps, mais jamais à une pelletée de terre.

Heureusement, cela va changer. Et de très belle façon.

En acceptant d'allonger les 175 millions $ que les libéraux n'avaient toujours pas budgétés, le gouvernement Marois a donné le feu vert à un projet que la Ville de Montréal mène de main de maître depuis quelques années. Le site au confluent du Mile-End, de Parc-Extension, de Rosemont, d'Outremont et de Ville Mont-Royal est presque aussi délicat que Griffintown, et pourtant, cette fois, elle a choisi de planifier les interventions plutôt que de les subir.

Comme cela s'est fait à Boston, Strasbourg et Vancouver, Montréal a en effet profité de la présence d'un campus universitaire pour décloisonner tout un territoire, pour rapiécer des quartiers, pour donner une seconde vie à un secteur déclinant.

Il y a, au coeur du projet, le futur complexe des sciences de l'Université de Montréal. Il y a deux pavillons dédiés à l'enseignement et à la recherche. Il y a des résidences universitaires. Mais plus encore, grâce au plan d'aménagement de la firme Cardinal Hardy, il y a des secteurs d'emplois, des espaces verts, des logements sociaux, des résidences privées, etc.

En fait, on ne devrait plus parler d'un «campus universitaire» sur «le site Outremont», mais bien d'un nouveau quartier mixte à la rencontre de cinq arrondissements, encadré par deux stations de métro. Car on a non seulement confirmé l'affectation «secteur d'emploi», on l'a étendue. On a choisi d'implanter des logements dans la continuité du tissu résidentiel existant. On a exigé que les rez-de-chaussée soient consacrés à des fins socioculturelles, commerciales et de services.

Plus encore, on a multiplié les mesures pour s'assurer de limiter la gentrification et permettre aux populations locales de demeurer dans le quartier. La Ville, dans un geste exceptionnel qui devrait devenir un réflexe, a ainsi acquis un terrain très tôt dans le processus pour un projet de logement social.

Rien n'est parfait. La réserve foncière n'est peut-être pas aussi imposante que certains l'auraient voulu aux abords de Parc-Ex, mais il s'agit clairement d'un pas en avant. D'autant que l'Université promet que 15% des nouveaux logements seront abordables et 15% sociaux. 

Il faudra attendre les détails du projet, notamment architecturaux, pour se réjouir. Mais déjà, la Ville mérite des félicitations, car elle a su tirer les leçons qui s'imposent de l'échec de Griffintown. Elle a mené avec brio une vaste démarche de concertation qui a impliqué les riverains dans le devenir de leur milieu de vie. Une démarche d'autant plus intéressante qu'elle a inclus, pour la première fois, les aspects économiques et sociaux du développement.

La planification exemplaire de ce quartier en devenir est une très bonne nouvelle pour Montréal. Surtout si elle devient la norme.

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