Trappes à cyclistes

Plus il y a de vélos, moins il... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Plus il y a de vélos, moins il y a d'accidents de vélo. Pourquoi cette pluie de contraventions?

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C'est un cercle vertueux: plus il y a de cyclistes à Montréal, plus la sécurité augmente, plus il y a de cyclistes tentés par les rues de Montréal. Un phénomène positif que la police devrait célébrer en donnant une tape dans le dos des cyclistes... plutôt qu'en leur tendant des embuscades et des contraventions!

Au cours des dernières semaines, en effet, le SPVM a choisi de «mettre l'accent sur les cyclistes». Il a augmenté le nombre d'agents sur deux roues. Il a installé des dispositifs d'impression de contraventions sur leurs vélos. Et il a mis sur pied des «trappes à tickets» dans des secteurs stratégiques.

Tout cela pour... pourquoi au juste?

La police affirme qu'elle souhaite faire respecter les règlements «pour éviter des accidents», qu'elle cible les usagers de la route qui contreviennent au Code de la sécurité routière, non pas les cyclistes en particulier.

Donc si ces derniers font l'objet d'une attention particulière, on doit comprendre que les cyclistes ont des comportements de plus en plus délinquants, qu'ils sont responsables d'un nombre grandissant d'accidents et donc que par leur faute, le bilan routier s'alourdit à Montréal.

Or c'est faux, triplement faux.

D'abord, quiconque s'est habitué à sillonner les rues de la métropole à vélo ces dernières années a remarqué une amélioration du respect du Code la sécurité routière. Aucune donnée ne peut le prouver, mais bien des indices le corroborent, à commencer par la présence de longues files d'attente aux feux rouges, chose impensable il y a quelques années à peine.

Ensuite, le nombre d'accidents impliquant un cycliste est stable, voire à la baisse... malgré une augmentation des déplacements à vélo de 43% depuis 2008 et de 30% du nombre d'usagers du BIXI depuis 2010. Le nombre de décès et de blessés légers fluctue sans tendance à la hausse, tandis que le nombre de blessés graves s'améliore depuis des années. Comme le bilan routier en général d'ailleurs.

Cela confirme la théorie du «Safety in Numbers» observé partout sur la planète: plus il y a de vélos, moins il y a d'accidents de vélo, étant donné que leur présence en plus grand nombre augmente la vigilance de tous les usagers de la route.

Y a-t-il des cyclistes délinquants? Bien sûr. Il y en a peut-être même un peu plus qu'avant, en chiffres absolus. Mais si c'est le cas, que les policiers s'attaquent à ceux qui donnent mauvaise réputation aux cyclistes, pas à ceux qui ont omis d'installer des réflecteurs sur leurs pédales ou qui s'immobilisent moins de trois secondes à l'arrêt!

Heureusement, la réaction courroucée des cyclistes et de la Ville de Montréal a forcé les policiers à reculer et à revoir leur stratégie à l'égard des cyclistes, cette semaine. Plutôt que d'appliquer bêtement le Code la sécurité routière à l'avenir, le SPVM aurait intérêt à tout faire pour que le gouvernement le révise, tant il est inadapté à la ville d'aujourd'hui.

En tant qu'usagers de la route, les cyclistes n'ont pas à recevoir de traitement privilégié. Mais ils n'ont pas à être injustement traités.

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