Les squelettes

Comme l'îlot Voyageur, le 1750 Cedar (notre photo)... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Comme l'îlot Voyageur, le 1750 Cedar (notre photo) symbolise le mépris que peuvent avoir les institutions pour les fonds publics.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

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Il y a des liens troublants entre les scandales financiers de l'UQAM et du CUSM, à commencer par ces énormes ruines flambant neuves qu'ont léguées à Montréal les deux institutions...

Les squelettes de béton de l'îlot Voyageur et du 1750 Cedar sont en effet les symboles de l'incurie de dirigeants et d'administrateurs de ces organisations qui ont trompé le public en dilapidant les fonds qui leur avaient été confiés.

Il suffit de placer côte à côte le rapport du vérificateur général sur l'UQAM et celui de Michel Baron sur le CUSM pour constater, malgré les cinq années qui séparent ces fiascos, un même mépris pour les finances publiques et les instances censées garantir leur saine gestion.

On observe d'abord, dans un cas comme l'autre, la présence de dirigeants aussi déterminés que peu scrupuleux, pour qui les procédures, les vérifications et les interminables rencontres du conseil d'administration constituent autant d'ennuis à contourner.

Dans le cas de l'îlot, le recteur et ses adjoints ont usé de leur ascendant pour forcer le projet en limitant la circulation de l'information, au mépris de la rigueur et de la transparence. Dans le cas du 1750, les dirigeants n'ont pas hésité à se placer en situation d'apparence de conflit d'intérêts pour acheter un bâtiment en chantier, sans l'approbation du gouvernement et sans avoir nécessairement tout dit au conseil d'administration.

Ensuite, dans les deux cas, il est question de transactions financières douteuses, inhabituelles et irrégulières, à des prix qu'aucune entreprise privée n'aurait payés.

À lui seul, le stationnement de 600 places de l'îlot a coûté 48 millions, soit un prix astronomique de 80 000$ par case... alors qu'il en coûte habituellement la moitié moins à Montréal. Quant au prix du bail signé avec le vendeur du 1750 Cedar, il était de 125 millions, soit l'équivalent de 1000$ du pied carré, une facture bien au-dessus des valeurs du marché immobilier.

Enfin, dans un cas comme dans l'autre, on a agi comme des joueurs de poker, prenant des risques démesurés, pariant sur des choses... qui ne sont pas survenues.

L'UQAM est allée de l'avant avec son projet sans analyse sérieuse de sa rentabilité, sans en évaluer les impacts sur les finances de l'institution, sans les garanties de financement suffisantes. Et le CUSM s'est porté acquéreur d'un terrain résidentiel sans certitude quant à un éventuel changement de zonage, utilisant même des prête-noms pour influencer la Ville... en vain.

Ainsi se sont creusés d'eux-mêmes les gouffres financiers qui ont englouti des dizaines de millions en fonds publics. Ainsi se sont transigés des immeubles en devenir qui n'ont vu le jour que partiellement.

Manifestement, les dirigeants des deux institutions ont erré, les instances de contrôle ont failli et les conseils d'administration ont manqué à leur devoir, si bien que le public a été trahi et son argent, honteusement gaspillé.

Avec pour résultat ces ruines de béton, emblèmes de la négligence de leurs insouciants propriétaires.

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