Triste, mais nécessaire

Les fautes de Daniel Breton ne l'empêchaient pas... (Photo La Presse Canadienne)

Agrandir

Les fautes de Daniel Breton ne l'empêchaient pas d'être ministre. Mais leur accumulation, oui.

Photo La Presse Canadienne

Partager

Condamné à plusieurs reprises pour diverses entorses à la loi, Daniel Breton a remis sa démission, hier. Un geste qui l'honore dans un contexte d'avilissement généralisé.

Prises une à une, disons-le, les infractions commises par le bouillant ministre ne commandaient pas un départ aussi précipité. Mais leur accumulation plaçait le ministre, son parti et son gouvernement dans une position très difficile.

Pour résumer, on reproche au député de Sainte-Marie-Saint-Jacques trois types de violation.

La première concerne des contraventions au Code de la sécurité routière. En plus de nombreuses amendes longtemps impayées, notamment pour excès et grand excès de vitesse, Daniel Breton a été condamné pour avoir conduit après révocation de son permis. Cela est grave, mais non seulement la condamnation date d'il y a 15 ans, elle ne le disqualifie pas pour diriger le ministère de l'Environnement.

La deuxième est liée à des loyers toujours non payés. Il a été expulsé d'un logement, en 2005, pour ne pas avoir acquitté son loyer mensuel. Puis une seconde fois en 2009, pour avoir omis de payer pendant 13 mois. Cela est troublant, encore une fois, mais le fait d'avoir eu des problèmes d'argent ne le rend pas inéligible à toute fonction de représentation, comme en témoignent les nombreux députés québécois ayant déclaré faillite dans le passé.

La troisième, enfin, concerne des fraudes contre le gouvernement. Daniel Breton a en effet a été déclaré coupable sous trois chefs d'accusation de fraude pour de fausses déclarations à la loi sur l'assurance-chômage. Inquiétant. Sauf que l'homme a payé, depuis, pour ce délit qui remonte aux années 80. Or une province qui croit à la réhabilitation ne peut empêcher un homme réhabilité de la représenter.

Il importe de le préciser: on ne parle pas ici de corruption, de malversations ou de condamnation criminelles, contrairement à ce qu'ont bassement laissé entendre la CAQ et le PLQ, hier (François Legault a fait un rapprochement avec les accusations pesant contre Toni Tomassi, tandis que Danielle St-Amand a évoqué les «gestes criminels» de M. Breton sur Twitter). Il s'agit plutôt de violations pénales mineures ou expiées.

Individuellement, les péchés de Daniel Breton ne l'empêchaient donc pas de siéger au Saint des Saints. Mais l'addition des infractions, par contre, qui dénote une tendance à défier la loi, le plaçait dans une situation intenable. Comme législateur, d'abord. Puis comme ministre responsable de faire respecter la loi.

Son départ est-il le fruit d'une vendetta, d'une «job de bras» de ses adversaires? Sans doute. Mais cela ne change rien aux nombreux faits reprochés, qui auraient d'ailleurs dû être connus bien avant d'être ainsi divulgués dans les médias.

Qu'on l'aime ou non, Daniel Breton aurait pu, par sa passion et sa profonde connaissance des dossiers environnementaux, apporter une contribution importante au sein du conseil des ministres. Son départ n'a donc rien de réjouissant. Mais il s'imposait.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer