Une faute grave

Il est faux de dire que Rob Ford... (Photo: Reuters)

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Il est faux de dire que Rob Ford a été destitué uniquement «pour 3150$»...

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Le maire de Toronto a été destitué, mardi, après s'être placé en situation de conflit d'intérêts. Le jugement est sévère. La pénalité est draconienne. Mais ce qu'on reproche à Rob Ford n'a rien d'une négligence mineure...

On s'entend, l'infraction commise n'a pas l'ampleur ou la gravité des allégations et accusations qui minent la scène municipale québécoise. On ne déplore, à Toronto, ni corruption, ni malversations.

Mais il est faux, néanmoins, de dire que Rob Ford a été destitué «pour 3150$» ...

Tout part, il est vrai, d'un don de quelques milliers de dollars sollicité pour une équipe de football, mais le problème est ailleurs. Dans le mélange du public et du privé. Dans l'utilisation du papier à en-tête de la Ville. Et surtout, dans le choix des personnes sollicitées par M. Ford: des lobbyistes avec lesquels la Ville fait affaire. Le conflit d'intérêts est flagrant, peu importe la valeur de ces mêmes intérêts.

Il est tout aussi faux de résumer la situation à un simple manque de jugement...

En votant contre la résolution l'enjoignant de rembourser la somme en jeu, le maire Ford a plutôt démontré, en toute connaissance de cause, un manque de respect total pour le conseil municipal et pour les règles qui le gouvernent. En plus de renforcer encore un peu plus le conflit d'intérêts.

Non seulement a-t-il dit en cour qu'il referait la même chose dans pareille situation, il a reconnu ne jamais avoir consulté la loi provinciale sur les conflits d'intérêts, ne jamais avoir assisté aux rencontres d'information à ce sujet, ne jamais avoir même ouvert le manuel remis à cet effet aux élus municipaux. Or les lois et règlements ne sont pas à la carte, ce que devrait savoir, plus que n'importe qui, le premier magistrat.

Il est faux, enfin, d'affirmer que M. Ford est la victime de lois provinciales trop punitives...

Si le maire a dû ainsi faire face à la justice, c'est qu'il a bloqué toute tentative d'en arriver à une solution raisonnable. Après avoir utilisé du matériel public pour ses besoins particuliers, la moindre des choses aurait été de s'excuser, puis de rembourser les sommes en jeu, comme lui a demandé de le faire la commissaire à l'intégrité.

M. Ford a plutôt refusé la réprimande, refusé de rembourser, refusé la résolution du conseil et donc obligé, par sa propre faute, la cour à s'en mêler. Difficile, après coup, de présenter cela comme un vaste complot de la gauche torontoise.

Toute cette histoire en est une de responsabilité, voilà ce qui lui donne son importance au-delà de la somme en jeu. Responsabilité du maire, qui doit veiller à l'intégrité des institutions, de la mairie au conseil municipal, en passant par le commissaire à l'intégrité. Responsabilité de l'élu municipal, qui doit représenter les citoyens avant ses propres intérêts, aussi vertueux soient-ils. Et responsabilité du premier magistrat qui, en plus d'être soumis aux mêmes lois que tout le monde, doit être exemplaire dans leur respect. Que cela lui plaise ou non.

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