Quand même la Chine ne veut plus de nos rebuts

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La Chine a annoncé que 24 types de matériaux de récupération ne pourraient plus entrer sur son territoire.

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La décision du gouvernement chinois de refuser l'entrée de certaines catégories de matériaux destinés au recyclage risque de causer de sérieux maux de tête à plusieurs centres de tri. Ce choc brutal pourrait toutefois se révéler salutaire.

La crise couve depuis juillet dernier, lorsque la Chine a annoncé que 24 types de matériaux de récupération ne pourraient plus entrer sur son territoire après la fin de 2017. Une décision catastrophique pour de nombreux pays industrialisés, qui avaient trouvé là un débouché fort commode pour une partie de leur collecte sélective. La Chine, en effet, acceptait des ballots refusés par les recycleurs nord-américains et européens parce que contenant trop de matières indésirables. «Pour protéger les intérêts environnementaux et la santé de la population, nous interdisons l'importation de rebuts solides hautement pollués», a indiqué le gouvernement chinois en dénonçant la présence de déchets, et même de déchets dangereux, dans les cargaisons achetées par ses entreprises.

Que cela nous plaise ou non, il faut reconnaître que la Chine a raison de se préoccuper de son environnement. 

Certains pensent qu'elle est aussi motivée par des intérêts économiques, le rejet de matières étrangères pouvant favoriser celles récupérées sur le sol chinois. Peut-être, mais les Occidentaux peuvent difficilement lui reprocher de refuser ce dont ils ne veulent pas dans leur propre cour.

Que faire? C'est la question que beaucoup de pays se posent avec inquiétude. Certains lorgnent d'autres clients asiatiques, dont le Viêtnam, mais ça ne suffira pas à absorber tout ce qui sera refusé par la Chine. Si l'on ignore encore comment celle-ci appliquera sa nouvelle réglementation, la menace est claire. C'est celle de gigantesques ballots de plastiques et de fibres qui, ne trouvant plus preneur, s'accumulent dans les centres de tri jusqu'à ce que la situation devienne intenable. C'est ce qui s'est produit en 2008 lorsque le prix des matières recyclables s'est effondré avec le cours des matières premières, et personne ne veut revivre ça. En Grande-Bretagne, on s'attend à devoir incinérer une partie des bouteilles et contenants de plastique récupérés par la collecte sélective. Aux États-Unis, la National Waste and Recycling Association prédit une diminution des taux de recyclage. «À court terme, davantage de matières potentiellement recyclables iront probablement à l'enfouissement», a prévenu l'État de Washington.

Envoyer une partie du recyclage au dépotoir comme de vulgaires déchets? Après des années à sermonner les Québécois sur les vertus du bac vert ou bleu, ce serait très mal accueilli par la population. 

C'est inacceptable, même temporairement, même en dernier recours, ont d'ailleurs indiqué Recyc-Québec et Éco Entreprises Québec dans une déclaration commune l'automne dernier.

Plusieurs centres de la province ont modernisé leurs opérations au fil des ans, et effectuent un tri assez poussé pour offrir des matières répondant aux exigences des acheteurs. D'autres centres, dont les ballots affichent des taux de contamination plus élevés, risquent toutefois d'avoir des problèmes. Combien sont à risque? La nouvelle ministre de l'Environnement, Isabelle Melançon, n'est pas en mesure de le dire, mais elle assure être prête à intervenir. Recyc-Québec lancera bientôt un appel de propositions visant à relever le niveau de qualité, nous a-t-elle indiqué.

Ce blocage chinois qui suscite tant d'appréhension finira-t-il par avoir des effets positifs, en incitant les centres moins performants à s'améliorer? C'est ce qu'il faudra voir. On aimerait toutefois que l'ensemble du secteur pousse l'exercice un peu plus loin, et regarde comment on pourrait recycler davantage ici, afin d'être moins à la merci des humeurs des marchés étrangers.




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