Postes Canada : gare au facteur temps

« Comment le gouvernement envisage-t-il cette Société canadienne des... (PHOTO ÉTIENNE RANGER, ARCHIVES LE DROIT)

Agrandir

« Comment le gouvernement envisage-t-il cette Société canadienne des postes du XXIe siècle ? », demande Ariane Krol.

PHOTO ÉTIENNE RANGER, ARCHIVES LE DROIT

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La chose est claire : les problèmes de la Société canadienne des postes ne se régleront pas par consensus. Un rapport parlementaire vient d'en faire une nouvelle démonstration : les positions sont tellement éloignées qu'elles en sont irréconciliables. Des décisions politiques devront être prises, et plutôt tôt que tard.

« Le Comité a entendu un large éventail de points de vue et a souvent entendu des témoignages contradictoires, et ce, même au sein d'une même communauté », souligne le rapport du Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires de la Chambre des communes dans son rapport publié la semaine dernière.

C'est peu dire. Même en énonçant une quarantaine de recommandations, le comité n'est pas parvenu à faire l'unanimité. Le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique ont chacun ajouté leur chapitre dissident.

Ce rapport est le deuxième volet d'un vaste examen lancé par le gouvernement Trudeau au printemps dernier. Le groupe de travail présidé par Françoise Bertrand a d'abord évalué divers scénarios. Le comité des Communes a ensuite consulté les Canadiens sur ces options, puis en a tiré des recommandations.

Le terrain a donc été abondamment déblayé. On ne trouvera pas de consensus miraculeux en consultant davantage. L'heure est venue de trancher.

Comment le gouvernement envisage-t-il cette Société canadienne des postes du XXIe siècle ? Hormis pour le transfert du courrier à domicile vers des boîtes communautaires, auquel il a mis un holà, c'est loin d'être clair. La ministre des Services publics, Judy Foote, a seulement indiqué qu'elle prendrait des décisions au printemps prochain, sans autre commentaire.

Le régime de retraite à prestations déterminées doit figurer en haut de la liste des priorités. La dernière entente entre l'employeur et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes a contourné cet enjeu, mais la pression qu'exerce le déficit de solvabilité sur la Société ne pourra pas être ignorée très longtemps. Le comité des Communes propose trois options, dont l'intégration du régime de Postes Canada à celui de la fonction publique fédérale. D'autres possibilités sont sans doute envisageables, c'est à voir - l'essentiel, justement, c'est d'y voir, et rapidement. La situation de ce régime de retraite est un obstacle majeur qu'il faut absolument enlever du chemin avant les prochaines négociations, sans quoi les parties se retrouveront encore une fois bloquées par lui.

Développer des sources de revenus supplémentaires est un autre défi auquel il faut s'attaquer en priorité. Le comité, heureusement, ne recommande pas à Postes Canada de s'aventurer dans les services bancaires, une avenue dans laquelle certains rêvent de la pousser. Ce serait un détour risqué, potentiellement très coûteux et, de surcroît, difficilement justifiable pour une société de la Couronne.

Le rapport suggère plutôt d'explorer des possibilités « dans le cadre de [ses] compétences ». Dans le cas du commerce électronique, c'est tout à fait pertinent, mais on ne peut pas en dire autant d'une autre idée évoquée, celle de fournir des services internet et cellulaires dans les régions rurales mal desservies. Si Postes Canada a une présence dans les régions rurales, elle n'a pas d'expertise particulière à offrir en matière de télécommunications.

D'autres éléments du modèle seront évidemment à revoir. Les quelque 830 000 adresses où la livraison a été transférée à une boîte postale communautaire devraient-elles en faire partie ? Nous sommes loin d'en être convaincus.

Certes, il aurait été préférable que ceux qui recevaient leur courrier à la maison conservent ce service. Le gouvernement Trudeau a bien fait d'arrêter le rouleau compresseur des conversions. Mais forcer la marche arrière au printemps prochain, alors que de nouvelles habitudes auront été prises depuis longtemps ? 

Transformer les investissements faits dans ces boîtes communautaires en pures pertes, en privant la Société des 80 millions d'économies annuelles ainsi générées ? Il y a sûrement moyen de faire un usage plus fructueux des ressources limitées de Postes Canada.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer