200 jours pour vendre l'ALENA

« Dès l'entrée en poste de Trump, en janvier... (Photo Thinkstock, photomontage La Presse)

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« Dès l'entrée en poste de Trump, en janvier prochain, le Canada et le Mexique seraient informés des modifications désirées et au bout de 200 jours, le président envisagerait un retrait formel de l'accord, a indiqué CNN hier », écrit Ariane Krol.

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Renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) à l'avantage des États-Unis ou, sinon, s'en retirer ? C'est du sérieux, confirme une note interne citée par le réseau CNN. Le président Trump lancera la machine dès son arrivée à la Maison-Blanche et si, après 200 jours, ça n'a pas abouti, il entamera les démarches pour sortir de l'accord, montre un document de son équipe de transition. Ce scénario, évidemment, ne passera pas comme une lettre à la poste, mais le Canada doit s'en mêler.

« J'ai déjà dit que nous devrions arrêter de parler en termes de problèmes, et parler plutôt d'occasions d'affaires. Eh bien, je peux vous dire que nous avons beaucoup d'occasions d'affaires », a blagué l'ambassadeur du Canada aux États-Unis hier midi.

Depuis l'élection de Donald Trump, il s'agit plutôt de défendre chèrement le contexte d'affaires favorable créé par l'ALENA. Dès son entrée en poste, en janvier prochain, le Canada et le Mexique seraient informés des modifications désirées et au bout de 200 jours, le président envisagerait un retrait formel de l'accord, a indiqué CNN hier. Le réseau américain n'a pas publié les notes originales, mais il en cite de larges pans.

Contrairement à ce qu'on a pu croire durant la campagne, l'ALENA est bien plus qu'un épouvantail à récolter des votes. Pour l'équipe Trump, c'est vraiment un ennemi à réformer, ou à abattre.

Le Canada devra redoubler d'efforts pour faire prendre conscience aux Américains des avantages de ce partenariat, a souligné l'ambassadeur David MacNaughton devant le Conseil des relations internationales de Montréal.

C'est la tâche à laquelle Ottawa, mais aussi les provinces, les entreprises et les lobbies d'affaires doivent s'atteler. Ils ne manqueront heureusement pas d'arguments. Non seulement les échanges nord-américains ont-ils quadruplé depuis la signature de l'ALENA, mais 9 millions d'emplois américains dépendent aujourd'hui du commerce avec le Canada, a rappelé l'ambassadeur MacNaughton.

Heureusement, le président ne sera pas le seul interlocuteur dans cette affaire. L'International Trade Commission américaine aura le mandat de déterminer les impacts d'un retrait du traité, a prévu l'équipe Trump. Cette agence fédérale ne pourra passer sous silence la kyrielle d'usines américaines qui dépendent de composants ou de matières premières du Canada et du Mexique. Comme l'a rappelé le grand patron de Ford cette semaine, l'intégration de l'industrie automobile nord-américaine permet de garder bien des emplois aux États-Unis. C'est l'exemple le plus souvent cité, mais d'autres secteurs de fabrication sont de plus en plus intégrés.

Et c'est sans compter la trentaine d'États américains qui vendent leurs produits au Canada. Il faudra être très attentif « aux effets qu'un tel changement de politique pourrait avoir sur la classe moyenne, sur les travailleurs des secteurs manufacturier et des services, ainsi que sur les investissements étrangers », souligne d'ailleurs le document interne.

La partie n'est pas jouée, mais elle s'annonce rude. Les entreprises, les villes et les États menacés par ces visées protectionnistes, ainsi que le Congrès en majorité républicain (un parti historiquement favorable au libre-échange) sont autant d'alliés que le Canada devra cultiver pour faire triompher le bon sens.

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