Infrastructures : espoirs en banque

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Le ministre des Finances Bill Morneau et le président du Conseil consultatif en matière de croissance économique Dominic Barton

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Comment sortir le Canada de sa léthargie économique ? De toutes les suggestions faites au ministre des Finances, celle d'augmenter l'immigration de 50 % est celle qui frappe le plus. Mais c'est une autre proposition, celle d'une banque consacrée aux infrastructures, qui a les meilleures chances de faire son chemin.

Le comité-conseil créé par le ministre Bill Morneau n'a surpris personne en recommandant de miser sur les infrastructures.

C'est le principal engagement économique des libéraux, qui ont promis d'y consacrer près de 125 milliards sur 10 ans. C'est plutôt dans la manière qu'il innove. Ottawa devrait créer une Banque canadienne de développement de l'infrastructure pour attirer les capitaux des investisseurs institutionnels, suggère le Conseil consultatif en matière de croissance économique dans son premier rapport publié jeudi.

On pense au fameux train de la Caisse de dépôt, et ce n'est pas un hasard. Le grand patron de la Caisse, Michael Sabia, est membre de ce conseil consultatif, et croit beaucoup en une banque d'infrastructure.

Il n'y a pas encore d'annonce officielle, mais le ministre Morneau a récemment confirmé qu'Ottawa travaillait sur une telle approche.

La formule aurait l'avantage de faire d'une pierre deux coups. D'un côté, plusieurs infrastructures (transport collectif, autoroutes à péage, services publics, etc.) offrent des revenus prévisibles dont les gestionnaires de retraite ont désespérément besoin. De l'autre, leur argent permettrait de réaliser plus de projets, avec les retombées économiques qui s'ensuivent. Pour chaque dollar de fonds publics, la Banque devrait pouvoir aller chercher 4 $ de capital institutionnel, estime le Conseil. L'effet démultiplicateur est impressionnant.

Il faudra toutefois démontrer qu'en voulant faire d'une pierre deux coups, on n'abîme rien d'autre sur la trajectoire. L'implication du privé dans les services publics soulève toujours des questions et ce projet de banque n'y manquera pas, d'autant que le capital institutionnel visé ne viendra pas seulement de régimes de retraite canadiens, mais aussi d'assureurs, de banques et d'autres investisseurs à long terme de partout.

Le gouvernement devra s'assurer que le mandat qu'il confie à sa banque d'infrastructure privilégie clairement l'intérêt public.

L'argent du privé risque aussi d'être beaucoup moins bien accepté dans des infrastructures existantes (comme les aéroports, qui intéressent beaucoup les investisseurs institutionnels) que dans de nouvelles constructions. « Un gouvernement peut très bien garder le contrôle d'un actif en en vendant 30 à 40 % pour réinvestir les profits dans une autre infrastructure », nous dit Michael Sabia.

Dernier « détail » : moins de 3 % des infrastructures publiques appartiennent au fédéral. Ottawa va devoir convaincre les provinces du bien-fondé de son approche.

Bref, même si cette banque d'infrastructure est une idée séduisante, tout le travail de vente reste à faire.

«Faire d'une pierre deux coups, c'est habile, à condition de ne rien briser en chemin.»


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