Économie canadienne : pas très réjouissant

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Le gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz

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Un mal pour un bien, et une vraie mauvaise nouvelle : voilà, en résumé, les deux principaux facteurs qui ont incité la Banque du Canada à revoir ses prévisions de croissance à la baisse hier. Si l'effet du premier est passager, le second est plus préoccupant.

Inutile de le nier, les resserrements hypothécaires entrés en vigueur cette semaine auront l'effet d'une petite douche froide sur le marché immobilier résidentiel. En incluant les dommages collatéraux sur les revenus et la consommation des ménages, ces mesures auront rogné 0,3 % du produit intérieur brut (PIB) réel à la fin de 2018, estime la Banque dans son nouveau Rapport sur la politique monétaire.

Oui, il y a un prix à payer, mais il faut voir ça comme une prime d'assurance, considère le gouverneur de la Banque. « En payant un peu maintenant, vous évitez quelque chose qui pourrait s'avérer bien pire pour l'économie », a fait valoir Stephen Poloz en conférence de presse.

Effectivement. N'en déplaise aux développeurs, vendre des maisons ou des condos à des acheteurs incapables de faire face à la moindre éventualité (hausse des taux, perte ou réduction de salaires, etc.) est un très mauvais calcul. En cas de défaut en série, ce n'est pas seulement la Société canadienne d'hypothèques et de logement qui serait touchée, mais l'ensemble des propriétaires, qui verraient la valeur de leur propriété chuter et les délais de vente s'allonger.

Ce qui est plus inquiétant, par contre, ce sont les tendances de fond qu'on commence à détecter dans les exportations.

Les modestes attentes de l'été dernier étaient encore trop optimistes, reconnaît le gouverneur Poloz. En gros, ce qui allait bien n'a pas aidé autant qu'on le pensait. Et ce qui risquait d'aller mal a été pire que prévu.

La faiblesse de notre dollar, en laquelle on a placé tellement d'espoirs, est un argument de vente moins puissant que prévu, car d'autres devises ont perdu de la valeur par rapport au dollar américain. Un huard en baisse de près de 20 %, c'est attrayant, mais face à un concurrent mexicain dont le peso a chuté de plus de 30 %, ça ne porte pas autant.

Et encore faut-il avoir quelque chose à vendre. Avec de 8000 à 10 000 entreprises en moins depuis la période où le huard a atteint son zénith, la Banque s'attendait à une reprise des exportations moins vigoureuse que dans le passé, mais pas à ce point. Le PIB écopera de 0,6 % d'ici la fin de 2018, prévoit-elle. Devant l'ampleur de la révision, elle conclut à une perte de capacité permanente.

Le portrait, heureusement, n'est pas tout noir.

Les fonds publics consacrés aux infrastructures et aux familles de classe moyenne vont finir par faire effet, et le secteur des services affiche une belle croissance, y compris à l'exportation. Toutefois, il faudra bien davantage pour sortir l'économie canadienne des eaux stagnantes dans lesquelles elle patauge depuis la fin des années 2000. Et ça, ce n'est pas le rôle de la Banque du Canada, mais celui des élus et surtout, des entreprises. Les premiers parlent beaucoup, mais les secondes, malheureusement, se font encore tirer l'oreille.

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