Taxe sur les boissons sucrées : l'industrie risque de trinquer

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« La taxation des boissons sucrées permet de faire baisser la consommation de ces produits et de faire reculer le nombre de cas d'obésité, de diabète de type 2 et de carie dentaire », a déclaré l'OMS cette semaine.

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En incitant les gouvernements à imposer une surtaxe d'au moins 20 % sur les boissons sucrées, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de tirer une salve retentissante dans la guerre opposant santé publique et industrie alimentaire. Et malgré la résistance de cette dernière, ce type de taxe paraît de plus en plus inévitable.

« La taxation des boissons sucrées permet de faire baisser la consommation de ces produits et de faire reculer le nombre de cas d'obésité, de diabète de type 2 et de carie dentaire », a déclaré l'OMS cette semaine.

L'organisation avait déjà suggéré de recourir à la fiscalité, mais c'est la première fois qu'elle fournit un mode d'emploi si précis. L'idéal serait une taxe d'accise (appliquée au produit à sa sortie de l'usine ou à son entrée au pays) qui augmente le prix d'au moins 20 %, dit-elle. Une taxe d'accise qui gonfle le prix affiché est considérée plus dissuasive qu'une taxe de vente ajoutée à la caisse, quand le client a déjà choisi le produit.

L'industrie, évidemment, ne partage pas cet enthousiasme. « De telles mesures n'ont pas donné les résultats désirés en matière de santé », a notamment fait valoir l'Association canadienne des boissons.

De fait, si les médecins et nutritionnistes voient des patients perdre du poids et améliorer leur état lorsqu'ils cessent de consommer des boissons sucrées, les bienfaits d'une surtaxe sur la santé de populations entières restent à démontrer.

On a bien observé des baisses de consommation après l'imposition de telles mesures au Mexique et à Berkeley, en Californie. Cependant, on est encore loin de pouvoir parler de recul de l'obésité ou du diabète. Si cette mesure fiscale gagne en popularité, ce ne sera pas avec la preuve irréfutable de son efficacité, mais parce qu'elle est dans l'air du temps. Les récents projets de loi fédéraux visant à interdire la publicité d'aliments et boissons aux enfants s'inscrivent dans le même courant - l'idée figurait d'ailleurs dans le programme électoral des libéraux.

Ce n'est donc qu'une question de temps avant que les taxes spécifiques sur les boissons sucrées ne se répandent.

Un produit non essentiel, à la réputation sulfureuse et dont il faut éviter d'abuser ? Pour un gouvernement en quête de revenus, c'est la cible rêvée, surtout s'il promet d'utiliser l'argent pour la santé ou le sport.

L'industrie, on s'en doute, se défendra farouchement, mais sa marge de manoeuvre se rétrécit. L'American Beverage Association qui, jusqu'à tout récemment, payait des nutritionnistes pour protester contre les projets de taxe sur les boissons sucrées dans les réseaux sociaux, a dû cesser cette pratique après avoir été dénoncée par un groupe de santé publique. La guerre continue, mais à l'évidence, tous les coups ne sont plus permis.

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