Un monde sans croissance

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« À son niveau actuel, le taux directeur, même s'il ne fait aucun doute qu'il apporte une détente monétaire, ne stimule pas autant l'économie qu'il l'aurait fait avant la crise », a reconnu le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, dans son discours à Québec mardi.

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Une économie mondiale dont la croissance est si faible qu'elle est à peine perceptible : c'est la situation avec laquelle gouvernements et populations doivent composer actuellement. Et c'est un fichu casse-tête.

« Le monde est pris au piège de la croissance molle, la médiocrité des anticipations de croissance bridant encore davantage les échanges, l'investissement, la productivité et les salaires », résume l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans sa mise à jour de mardi.

L'économie canadienne progressera de 1,2 % seulement cette année, soit un demi-point de moins que ce à quoi on s'attendait il y a trois mois, prévoit l'organisation. Le portrait global est plus stable (- 0,1 %), mais 2,9 % de croissance mondiale, ça demeure faible, plus faible encore que l'an dernier (3,1 %).

Le modèle de développement basé sur l'expansion économique a été critiqué, notamment à cause des pressions exercées sur l'environnement. Mais comme on le voit depuis quelques années, la stagnation amène plus que sa part d'inconvénients.

Il y a toujours des secteurs plus dynamiques, mais de façon générale, une économie au ralenti a moins à offrir aux jeunes qui arrivent sur le marché de l'emploi et aux travailleurs qui veulent changer de boulot.

Les employés stables ne voient pas leur revenu disponible augmenter, les entreprises se disputent les parts d'un marché limité.

Et n'entrevoyant pas de hausse importante de la demande, ces dernières hésitent à investir. Elles préfèrent conserver leurs ressources, ou les utiliser pour faire des acquisitions ou racheter leurs actions.

Ce faible niveau d'activité contribue aussi à maintenir les taux d'intérêt au plancher, au grand désespoir des travailleurs et des investisseurs institutionnels qui ont à planifier des retraites, et des retraités aux prises avec des rendements anémiques.

On commence d'ailleurs à voir les limites des bas taux des banques centrales, censés favoriser l'activité économique. « À son niveau actuel, le taux directeur, même s'il ne fait aucun doute qu'il apporte une détente monétaire, ne stimule pas autant l'économie qu'il l'aurait fait avant la crise », a reconnu le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, dans son discours à Québec mardi.

L'OCDE invite plutôt les gouvernements à stimuler leur économie et à développer le commerce international. Toutefois, les résultats ne sont pas immédiats, ni garantis. Le plan d'infrastructures du gouvernement Trudeau ne manque pas d'ambition, mais ses retombées mettront du temps à se faire sentir. Et la ratification de l'Accord Canada-Union européenne est aujourd'hui incertaine -  celle du Partenariat transpacifique encore plus.

D'autres facteurs pourraient aider. Le rééquilibrage de l'économie chinoise vers une plus grande consommation intérieure, par exemple, créerait une demande substantielle. Mais si la stagnation persiste, il va falloir réfléchir autrement, et trouver comment composer avec un monde sans croissance.

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