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« Le cas de Lac-Mégantic est unique. Il ne s'agit pas seulement de prévention, mais de réparation », indique Ariane Krol.

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Trois ans après la tragédie ferroviaire qui a coûté la vie à 47 personnes à Lac-Mégantic, il est évident que le rail n'a plus sa place dans le centre-ville rebâti à grands frais. Le gouvernement Trudeau doit arrêter de tourner autour du pot et annoncer la construction d'une voie de contournement.

Le lien ferroviaire est indispensable aux entreprises manufacturières de la région. À Lac-Mégantic seulement, sept entreprises en dépendent. Tafisa, plus grande usine de panneaux de particules en Amérique du Nord, expédie le tiers de sa production par train. Est-il pour autant nécessaire que le rail passe dans le nouveau centre-ville ? Aux débuts du chemin de fer, l'activité humaine et commerciale se développait à proximité, mais les temps ont changé.

Quelle municipalité, aujourd'hui, voudrait d'une voie ferrée dans son centre-ville ? C'est pourtant ce qu'on impose aux habitants de Lac-Mégantic.

Chaque 6 juillet nous donne à revoir les images terrifiantes du déraillement. Le chantier qui a suivi a été à la mesure de la catastrophe : spectaculaire. La fuite de quelque six millions de litres de pétrole a pollué une superficie d'environ 2 km2. Ce n'est pas seulement le sous-sol qui a été détruit, mais ses infrastructures.

La décontamination a pris deux ans et les travaux d'aqueduc, d'égout, d'électricité et de pavage ne sont pas terminés. Facture totale : un demi-milliard de dollars. Et c'est sans compter les fonds publics et privés qui seront investis pour revitaliser le centre-ville, conçu selon des principes d'aménagement durable - piste cyclable, trottoirs élargis, végétation plus abondante, etc. Les nouvelles constructions certifiées Novoclimat ou LEED auront droit à un crédit de taxe de 100 % durant trois et cinq ans respectivement.

Vous voyez le tableau : le train y sera aussi à sa place qu'un tracteur dans un jeu de croquet. On se demande ce que le gouvernement attend pour annoncer la voie de contournement que tous réclament depuis trois ans. Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, s'est montré sensible aux demandes de la population, mais il a dit vouloir attendre la suite de l'étude de faisabilité commandée l'an dernier. Le hic, c'est que le prochain volet viendra seulement dans un an, et le troisième prendra 18 mois de plus. C'est beaucoup trop long.

Un gouvernement n'a pas besoin de connaître les moindres détails techniques avant de confirmer son intention d'aller de l'avant avec un grand projet : c'est une décision politique.

L'étude a déjà démontré que le meilleur des trois détours envisagés est aussi le moins cher, soit 115 millions. Sur l'ensemble des coûts engendrés par cet accident monstrueux, qui devraient friser le milliard, c'est gérable.

Et ce n'est pas parce que le fédéral finance une voie de contournement ici qu'il devra le faire ailleurs. Le cas de Lac-Mégantic est unique. Il ne s'agit pas seulement de prévention, mais de réparation. Ce déraillement a traumatisé les Méganticois. Le passage du train auquel les gens ne prêtaient plus attention est devenu un stresseur pour beaucoup. Les troubles anxieux sont deux fois plus répandus ici que dans le reste de l' Estrie.

Ottawa a beaucoup investi pour effacer les traces de ce drame. Il ne peut pas laisser ce rail comme une cicatrice en plein centre-ville.

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