Conciliation sous pression

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« En 1976, le Québec était l'une des provinces qui comptait le moins de familles à deux revenus. C'est maintenant l'une de celles où le modèle est le plus répandu », écrit Ariane Krol.

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Les familles où les deux parents travaillent sont de plus en plus nombreuses, confirme une nouvelle étude publiée hier par Statistique Canada. Malheureusement, beaucoup d'organisations ne semblent pas encore conscientes de cette réalité.

Deux parents, deux revenus, c'est la norme plutôt que l'exception. Dans presque 70 % des familles canadiennes, les deux conjoints occupent un emploi rémunéré. La proportion a presque doublé en 40 ans puisqu'en 1976, seulement 36 % des couples ayant au moins un enfant de moins de 16 ans fonctionnaient ainsi.

Et ces deux emplois laissent de moins en moins de temps libres. Les familles où l'un des parents (presque toujours la femme) travaille à temps partiel sont beaucoup plus rares qu'il y a 40 ans. Dans les trois quarts des cas, les deux parents travaillent à temps plein.

Cela fait énormément de parents dont les heures sont comptées.

La transformation a été particulièrement rapide ici. En 1976, le Québec était l'une des provinces qui comptait le moins de familles à deux revenus. C'est maintenant l'une de celles où le modèle est le plus répandu.

Est-ce pour cela que certains tardent à s'adapter ? Il a été beaucoup question de conciliation travail-famille ces dernières années, mais qu'en est-il de la conciliation famille-services publics ? Certains milieux donnent l'impression d'être restés à une autre époque.

Pensez aux milieux scolaire et parascolaire, où l'on multiplie les spectacles et autres activités où la présence des parents est requise en plein milieu de la matinée ou de l'après-midi. Même observation dans les camps de jour, où une session d'une semaine peut être couronnée d'un spectacle ou d'une exposition. En additionnant tous les camps de l'été, cela fait beaucoup d'absences à justifier auprès de l'employeur. Soulignons qu'on ne parle pas ici de cas de force majeure comme une maladie, où la compréhension du supérieur et des collègues est de mise, mais d'événements prévisibles. Est-il nécessaire d'en prévoir autant ?

Et c'est sans parler des décisions de certains établissements (horaires de classe, heures de remise des bulletins, etc.) qui semblent faire abstraction du fait que la majorité des parents doivent occuper un emploi à temps plein, et s'y rendre, pour faire vivre leur famille. C'est particulièrement vrai dans la grande région de Montréal, où le temps de déplacement est souvent non négligeable.

Le fonctionnement du système de santé est aussi loin d'être optimal. Convoquer tous les patients en première heure sans leur dire combien de temps ils attendront ?

Ne pas offrir de rendez-vous plus tard qu'en début d'après-midi ? Voilà un bon moyen de bousiller une demi-journée de travail.

Et que dire des systèmes de rendez-vous archaïques qui exigent de se précipiter sur le téléphone à un moment précis dans l'espoir de décrocher une place ?

De telles pratiques sont frustrantes pour n'importe quel travailleur, mais elles pénalisent encore davantage les parents, qui doivent aller aux rendez-vous de leurs enfants en plus des leurs.

L'idée n'est pas de chercher des coupables, mais de prendre conscience de la réalité des parents et de s'y adapter. Beaucoup d'employeurs ont commencé à le faire depuis longtemps. Malheureusement, d'autres organisations, pourtant considérées comme des services publics, tardent à en tenir compte et, ce faisant, mettent une pression indue sur les familles.




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