Sécurité routière : Garder le cap

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Une année n'est pas une tendance. C'est ce qu'il faut se rappeler en regardant le nouveau bilan routier du Québec. Si le nombre de morts a augmenté par rapport à l'année précédente, le portrait sur une plus longue période s'est par contre amélioré de façon significative, montrent les données de la Société de l'assurance automobile du Québec. Le défi est de continuer dans cette direction dans un environnement où se côtoient de plus en plus de véhicules de tous types.

Il n'y aura donc pas de neuvième année consécutive d'amélioration du bilan routier. Pas cette fois-ci du moins. Les routes du Québec ont fait 361 morts l'an dernier, soit 39 de plus qu'en 2014. Cette hausse ponctuelle de 12 % ne doit cependant pas nous faire perdre de vue la tendance de fond, qui est plus que positive. Le chiffre de 2015 marque une amélioration de presque 14 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. Et ce n'est pas seulement grâce à la conception des véhicules ou aux progrès de la médecine d'urgence : le nombre de blessés graves a également diminué durant cette période, de plus de 17 %.

Rappelons que 2014 avait été exceptionnelle. Non seulement les morts avaient chuté de manière spectaculaire (presque 18 % en un an), mais ce fut l'année la moins meurtrière depuis 1945.

On peut trouver dommage que 2015 n'ait pas poursuivi sur cette lancée, mais on doit aussi être conscient qu'il s'agit tout de même d'une bonne année - la meilleure après 2014.

Rappelons aussi que les morts pris isolément, ou même par 100 000 habitants, nous donnent un portrait imprécis. Pour avoir une idée plus juste de l'évolution de la sécurité, on aimerait pouvoir avoir le nombre de victimes par kilomètres parcourus. Cette donnée, malheureusement, n'est pas disponible ici.

La SAAQ a cependant d'autres indices. « En 2015, la baisse du prix de l'essence et des conditions climatiques parfois plus favorables ont créé un contexte propice à une augmentation des déplacements, qui se traduit par une plus grande exposition aux risques d'être impliqué dans un accident », explique l'assureur public dans un communiqué.

Quand les prix du carburant incitent les propriétaires de véhicules motorisés à rouler davantage, et que la longueur de la belle saison augmente la popularité du vélo et de la marche, on pourrait craindre que ces deux dernières activités en pâtissent. Heureusement, ça n'a pas été le cas. Le bilan des morts de cyclistes et de piétons a même été le meilleur depuis 37 ans.

La saison plus longue qu'à l'habitude pourrait cependant avoir joué dans le cas de la moto, note la SAAQ. Les motocyclistes représentent seulement une mort sur sept, mais leur nombre, à l'inverse de la tendance générale, est à la hausse. Est-ce dû à la popularité du véhicule ? Les immatriculations ont augmenté de 4,5 % l'an dernier (contre seulement 1,1 % pour l'ensemble des véhicules motorisés) ; on enregistre une progression depuis au moins cinq ans.

***

Une détérioration sur une année n'a rien de dramatique. Cela s'est vu à plusieurs reprises depuis le début des années 70. L'important est de garder le cap et de s'assurer que les tragédies n'augmentent pas avec l'usage. Pour cela, il faut en faire une priorité collective (campagnes de prévention, contrôles policiers, réglementation), mais également une responsabilité individuelle.

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