L'internet, c'est pas du luxe

L'internet à haute vitesse est-il un service essentiel ? Le Conseil de la... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Patrick Woodbury, Le Droit

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L'internet à haute vitesse est-il un service essentiel ? Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) n'aura pas le choix d'envisager la question en ces termes aux audiences qui s'ouvrent lundi prochain à Gatineau. Les citoyens l'ont exprimé de toutes les façons possibles, et de façon particulièrement criante en zones rurales et éloignées, montre le rapport issu d'une vaste consultation nationale.

Une résidante de la région de Mont-Tremblant qui n'achète plus en ligne parce que les ruptures de connexion compromettent les transactions.

Un enseignant ontarien qui hésite à déménager dans un autre quartier parce que le service internet y est déficient.

Un entrepreneur de Tofino qui ne peut pas utiliser Skype pour montrer des documents à ses clients. Sa femme graphiste qui doit laisser le téléchargement rouler toute la nuit afin d'avoir ses documents.

Et on ne parle pas d'Iqaluit, où la connexion n'est parfois pas disponible durant plusieurs jours.

Ces exemples entendus en groupes de discussion ne sont pas anecdotiques. Ils illustrent ce que des dizaines de milliers de personnes ont exprimé en force dans le cadre des consultations tenues par le CRTC au cours des derniers mois.

Quel service de télécom utilisez-vous le plus à la maison ? La majorité des participants au sondage* ont répondu l'internet (59 %), loin devant le cellulaire (27 %), montre le rapport publié par la firme EKOS la semaine dernière.

Malheureusement, beaucoup de Canadiens n'ont pas accès à des activités élémentaires, comme regarder des contenus vidéo ou participer à des cours, faute de service adéquat.

En 2016, près du tiers (31 %) des répondants en milieu rural ou éloigné doivent composer avec une vitesse de téléchargement inférieure à 5 Mbps - contre seulement 5 % en zone urbaine.

La consultation en ligne qui a recueilli près de 29 000 témoignages apporte un éclairage supplémentaire. Ouverte à tous, elle ne constitue pas un échantillon représentatif en termes statistiques, mais elle est représentative de l'exaspération des utilisateurs. Plus de la moitié des participants (56 %) ont fait savoir qu'ils avaient dû restreindre leur utilisation de l'internet et ce, à cause des contraintes de capacité (54 %) bien plus qu'à cause des coûts (28 %).

Nous parlons de citoyens et non de consommateurs, car c'est de cela qu'il s'agit. Un pays développé qui se réclame de l'économie du savoir ne peut pas rester les bras croisés devant une telle aberration. Le problème ne se pose pas seulement dans les zones très éloignées posant de réels défis techniques.

Dans bien des endroits, souvent tout près des villes, les particuliers et les entreprises n'ont pas accès à une offre internet digne de ce nom, faute d'intérêt des fournisseurs. De toute évidence, la logique du marché ne suffit pas. Les télécommunications sont une responsabilité fédérale. Ottawa ne doit plus se demander si, mais comment, il peut financer la mise à niveau du service dans toutes les régions où c'est possible.

* Méthodologie : La firme EKOS a réalisé le sondage en janvier et février 2016 auprès de 1666 Canadiens de 18 ans ou plus provenant d'un groupe témoin considéré comme représentatif du public canadien. Le degré de précision correspondant à cet échantillon est de ± 2,4 %, 19 fois sur 20, pour l'ensemble du sondage.

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