Épargner, c'est trop dur ?

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Il ne reste que quelques heures pour faire une contribution à votre REER (régime enregistré d'épargne retraite) déductible de votre prochaine déclaration de revenus. Bon débarras ? Au contraire. On ne devrait pas seulement s'intéresser à la retraite, et à l'épargne, durant les deux mois qui suivent le congé des Fêtes.

Un Québécois sur trois aurait du mal à respecter ses obligations financières si son salaire lui était versé une semaine en retard. Et un sur cinq aurait de la difficulté à trouver 2000 $ pour faire face à une urgence le mois prochain, montre le dernier sondage annuel de l'Association canadienne de la paie. De toute évidence, l'épargne est loin d'être un réflexe universel.

Toutes sortes de circonstances (chômage, maladie, obligations trop lourdes, salaire insuffisant, etc.) peuvent faire en sorte qu'on n'ait pas de marge de manoeuvre. Voilà justement pourquoi il faut se bâtir une réserve. Ces choses-là arrivent, c'est avant qu'il faut s'en préoccuper.

Faut-il reporter, ou carrément laisser tomber, certaines dépenses ? Trouver un travail plus payant ? La réponse appartient à chacun. Cependant, qu'il s'agisse de garnir son fonds d'urgence, son fonds de retraite ou, simplement, de rembourser ses dettes, la gymnastique est la même : soustraire une partie de ses revenus à sa vue pour éviter de la dépenser. Plus facile à dire qu'à faire, on en convient.

Ce n'est pas seulement un combat entre plaisir immédiat et gratification différée. C'est aussi, beaucoup, une question de repères. Ce qui est perçu comme la norme finit par avoir l'air d'une nécessité.

Il ne s'agit pas d'être moralisateur. Qu'il s'agisse d'une piscine ou d'une semaine dans le Sud, d'une deuxième voiture ou d'un horaire de travail réduit importe peu. En fait, il se peut bien que ce soit la meilleure chose à faire dans les circonstances - celle qui apportera un maximum de bien-être et, par ricochet, permettra d'éviter bien des dépenses inutiles. Il faut toutefois être conscient que chaque décision a des conséquences, que celles-ci ont tendance à s'additionner, et que les ignorer ne les rendra pas moins réelles.

Un Canadien sur trois ne se prépare pas financièrement à la retraite, indique l'Enquête canadienne sur les capacités financières menée par Statistique Canada en 2014. Pourquoi ? La réponse la plus fréquente, donnée par plus du quart des répondants, c'est qu'ils ne peuvent pas se le permettre, leur revenu n'est pas suffisant.

Évidemment, il est plus facile de se bâtir une retraite quand l'employeur y contribue. Malheureusement, c'est de moins en moins le cas. Près de deux employés canadiens sur trois (62,1 %) n'ont pas de régime de retraite au travail, indiquent les données de Statistique Canada pour l'année 2013. Et c'est encore pire que l'année précédente (61,5 %). Dans un contexte où moins de 10 % des Canadiens estiment avoir de très bonnes connaissances financières et où plus de la moitié ne savent pas combien ils devraient épargner pour la retraite, c'est préoccupant.

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a réitéré son désir de bonifier le Régime de pensions du Canada, et de travailler avec les provinces en ce sens, mais Québec n'a pas manifesté grand appétit pour apporter ce genre de modification au Régime des rentes. Beaucoup de travailleurs vont devoir continuer à se débrouiller seuls.

Ne pas réussir à épargner est sûrement stressant. Sauf qu'il faudrait aussi se demander si notre façon de gérer le stress, en multipliant les petits luxes plutôt qu'en effectuant de véritables changements, ne constitue pas un obstacle à l'épargne.

La question est d'autant plus pertinente que nous sommes les champions du stress. Plus de 26 % d'entre nous considérons la plupart de nos journées comme assez ou extrêmement stressantes, montre l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes. Et le Québec est la seule province à dépasser la moyenne nationale (23 %).

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