Chers médicaments

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« Les sociétés pharmaceutiques doivent dégager des profits pour pouvoir investir dans des recherches qui, on le sait, ne rapportent pas à tout coup », rappelle notre éditorialiste.

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Le plus récent traitement de Merck contre l'hépatite C, annoncé 40 % moins cher que son principal concurrent aux États-Unis, a ravivé le débat sur le prix des nouveaux médicaments. Un problème important chez nous aussi, comme en témoignent le nombre croissant de molécules pour lesquelles Québec essaie de négocier des ententes.

La stratégie de mise en marché du nouveau traitement Zepatier contre l'hépatite C n'est pas passée inaperçue chez nos voisins. Presque 55 000 $US pour 12 semaines, c'est beaucoup d'argent, mais pas mal moins que pour le fameux Harvoni de Gilead, dont le tarif annoncé dépasse les 90 000 $US. Dans les faits, les assureurs paient toujours moins cher que le prix officiel, mais le recul de plus de 40 % publicisé par Merck a été vu comme le signal d'un coût réel également plus bas.

La nouvelle génération de traitements de l'hépatite C, comme Harvoni ou Holkira Pak, de AbbVie, ne sont pas les seuls qui sont exorbitants, mais, contrairement à d'autres, contre le cancer par exemple, ils s'adressent à une très large clientèle. Avec des taux de guérison de plus de 90 %, ces molécules représentent à la fois un formidable progrès et un fichu casse-tête. Aux États-Unis, des patients poursuivent les assureurs qui refusent de les couvrir et la procureure générale du Massachusetts menace de faire de même avec le fabricant. Québec, de son côté, a étalé l'accès (et la facture d'environ un milliard de dollars) sur six ans pour éviter de mettre le régime d'assurance médicaments public à genoux.

Les sociétés pharmaceutiques doivent dégager des profits pour pouvoir investir dans des recherches qui, on le sait, ne rapportent pas à tout coup.

Toutefois, leurs attentes de retour sur l'investissement semblent de plus en plus déconnectées de la capacité de payer de la clientèle.

De nombreux politiciens américains, dont Hillary Clinton et Donald Trump, les ont vertement critiquées. Le vent commencerait-il à tourner ? Le positionnement de Merck, qui mise sur un prix nettement plus bas pour se tailler une place, est un signe encourageant. Souhaitons que d'autres l'imitent.

La stratégie canadienne de Merck n'est pas aussi axée sur le coût - le prix officiel est seulement 10 % moins élevé que celui du principal concurrent. Est-ce suffisant pour augmenter le nombre de patients traités par année et, par conséquent, réduire l'attente ? Il faudra voir, le médicament n'a pas encore été évalué au Québec.

Chose certaine, les prix demeurent un facteur déterminant dans l'accès aux nouvelles molécules. Sur la liste publiée par l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) en octobre dernier, quatre médicaments étaient en attente du résultat de la négociation entre Québec et le fabricant. Sur la nouvelle liste publiée cette semaine, il y en avait six autres. Dans tous les cas, la négociation a permis d'obtenir un meilleur prix, mais la réduction n'est pas toujours assez importante pour que le médicament puisse être remboursé, indique le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Cela fait des années que les Américains dénoncent les prix pratiqués par les sociétés pharmaceutiques. Ici, malheureusement, on a tendance à blâmer les systèmes publics qui n'ont pas les moyens de couvrir certains médicaments, plutôt que les coûts exigés par les fabricants. Il serait temps de changer de stratégie : un peu de pression populaire sur les entreprises qui dictent les prix les rendrait peut-être plus ouvertes à la négociation.

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