La parole est à Bill Morneau

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La Banque du Canada voit d'un très bon oeil les investissements publics dans les infrastructures, explique notre éditorialiste, citant un rapport de l'organisme.

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Le taux cible du financement à un jour reste inchangé, a annoncé la Banque du Canada, hier matin. Sage décision. Une baisse supplémentaire n'aurait pas amélioré la situation immédiate, et aurait même pu avoir des effets indésirables. Les attentes envers le plan d'infrastructure promis par le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, viennent toutefois de monter d'un cran.

La Banque a révisé ses prévisions de croissance à la baisse depuis octobre. Le produit intérieur brut (PIB) canadien n'augmentera pas de 2 % cette année, mais d'à peine 1,4 %, indique son Rapport sur la politique monétaire (RPM) publié hier. C'est assez morose, mais une nouvelle réduction du taux directeur aurait envoyé un message nettement plus inquiétant. Que le gouverneur Stephen Poloz n'en ait pas vu la nécessité témoigne d'une certaine confiance en la solidité de l'économie.

Une baisse de taux superflue aurait aussi augmenté le risque de surchauffe du marché immobilier résidentiel et incité les ménages à s'endetter davantage.

Elle aurait également pu tirer le dollar canadien vers le bas, ce qui aurait été encore plus coûteux pour les consommateurs, sans nécessairement inciter les entreprises exportatrices à embaucher davantage, puisque la devise leur est déjà très favorable.

Avec les deux baisses de taux directeur de l'an dernier et la chute du dollar, il y a déjà beaucoup de stimuli dans l'économie et il est normal que les effets ne se fassent pas sentir immédiatement, a rappelé à juste titre M. Poloz, hier.

Et c'est sans compter le plan d'infrastructure attendu dans le prochain budget fédéral, qui pourrait bien l'inciter à revoir ses prévisions de 2016 et 2017 à la hausse.

« Quand on voit que la politique monétaire, comme baisser les taux, n'a plus d'effet, une politique fiscale peut avoir un effet positif si le plan d'infrastructure est réfléchi. Ce sont des dépenses qui sont faites au Canada », fait valoir le stratège en chef de Valeurs mobilières Laurentiennes, Luc Vallée.

À quoi peut-on s'attendre ? Le gouverneur n'a pas voulu avancer de chiffres en conférence de presse, mais la Banque voit le projet d'un très bon oeil. « Les investissements publics dans les infrastructures tendent à avoir des retombées plus larges sur l'économie, et sont ainsi associés à des effets multiplicateurs plus importants que les autres formes de dépenses de l'État ou les modifications de la fiscalité ou des transferts », note le RPM.

Le ministre Morneau a annoncé ses réductions d'impôts aux particuliers en décembre. On ignore cependant comment seront déployés la nouvelle Allocation canadienne pour enfants et les 125 milliards de dollars d'investissements en infrastructures promis pour la prochaine décennie.

« Nous avons un plan », s'est contenté de répéter M. Morneau lors de son passage au Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), la semaine dernière.

Il nous tarde d'en connaître les détails.

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