Consommateurs sous pression

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« Les médias ont fait leurs choux gras de la flambée du cours du chou-fleur, vu à 6,99 $ et même 8,99 $ dans la région de Toronto, mais le scandale aura été de courte durée », souligne notre éditorialiste.

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Les Québécois n'ont pas la berlue : leur pouvoir d'achat stagne. Le revenu réel disponible par habitant a augmenté d'un maigre 0,1 % l'an dernier, la progression la plus famélique en neuf ans, a annoncé hier l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). Il ne faut donc pas s'étonner que les consommateurs soient traumatisés par les hausses de prix à l'épicerie ni s'attendre à ce qu'ils fassent des miracles pour la croissance économique.

Avec un peu plus de 26 000 $ par habitant, le Québec détient le record peu enviable du plus faible revenu disponible par habitant au pays, pour une deuxième année de suite.

Vous étiez resté sous l'impression que nous étions plutôt l'avant-dernière province, devant l'Île-du-Prince-Edouard ? C'est exact, mais depuis, l'ISQ a procédé à une révision historique majeure pour s'arrimer au reste du Canada. Les cotisations aux régimes de retraite à prestations déterminées sont maintenant déduites du revenu des ménages.

Cela a un effet notable au Québec, où davantage de travailleurs contribuent à ce type de régime, notamment les fonctionnaires et les employés des secteurs de la santé et de l'éducation. À l'inverse, les calculs tiennent maintenant compte des prestations touchées en vertu de ces régimes, qui augmentent le revenu disponible des retraités concernés. D'un côté comme de l'autre, ce changement donne un reflet plus fidèle de l'argent dont les Québécois disposent réellement pour consommer et épargner.

Si l'on considère le taux croissance en termes réels (le revenu disponible par habitant moins l'indice de prix des dépenses de consommation finale des ménages), nous ne sommes pas les plus mal lotis. Notre petit 0,1 % nous place devant sept territoires et provinces et même au-dessus de la moyenne canadienne (0,0 %). Quand on se compare, on se console ? Dans ce cas-ci, pas vraiment.

Après deux ans de stagnation, le Québécois moyen a surtout l'impression d'avoir de moins en moins de marge de manoeuvre.

Les médias ont fait leurs choux gras de la flambée du cours du chou-fleur, vu à 6,99 $ et même 8,99 $ dans la région de Toronto. Le scandale aura été de courte durée ; le crucifère était en promotion à 3,99 $ en fin de semaine dernière à Montréal. N'empêche, l'augmentation du prix du panier d'épicerie ne passe pas inaperçue.

Les aliments achetés en magasin ont bondi de 4,6 % en octobre, puis 3,7 % en novembre par rapport à l'année précédente, indique Statistique Canada. Et ce n'est pas fini. L'inflation alimentaire atteindra 2 à 4 % en 2016, prévoit le Food Institute de l'Université de Guelph.

L'alimentation a beau compter pour moins de 17 % de l'indice des prix à la consommation, ces hausses frappent l'imagination, car le consommateur y est confronté chaque semaine. Elles contribuent à le rendre plus sensible aux prix des autres biens importés, qui ne manqueront pas d'augmenter avec la chute du dollar canadien.

C'est une bien mauvaise nouvelle pour le produit intérieur brut (PIB) québécois, dont presque 60 % repose sur la consommation des ménages : il n'y a pas grand' croissance à espérer de ce côté-là en 2016.

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