Ça vous manquait tant que ça ?

« À Montréal seulement, déblayer une tempête de neige... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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« À Montréal seulement, déblayer une tempête de neige coûte 7 à 20 millions et entraîne quelque 5000 remorquages », rappelle notre éditorialiste.

Photo Martin Chamberland, La Presse

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Nous y voilà. Les températures hivernales et la première bordée de neige digne de ce nom sont arrivées à Montréal, et avec elles tout un cortège de désagréments. De quoi nous faire apprécier la douceur dont nous avions bénéficié jusqu'ici.

Le mercure au-dessus de zéro, l'absence de neige au sol et la perspective d'un Noël en vert et gris n'ont pas beaucoup aidé les ventes d'articles saisonniers ni les affaires des centres de ski. Ils nous ont cependant épargné plusieurs calamités.

À Montréal seulement, déblayer une tempête de neige coûte 7 à 20 millions et entraîne quelque 5000 remorquages. Et c'est sans compter les heures perdues par les travailleurs à cause des retards et ralentissements de la circulation. Non, tous ne peuvent pas prendre le métro. Si votre trajet n'est pas desservi par le transport en commun, si vous prenez l'autobus ou si votre emploi consiste justement à conduire un véhicule, vous n'y échapperez pas.

Les conditions hivernales font souvent payer un lourd tribut aux automobilistes. La première partie du temps des Fêtes (23 au 27 décembre) a fait seulement trois morts sur le territoire de la Sûreté du Québec. La SQ ne publiant pas de bilan de mi-parcours, on ne peut pas comparer avec les années précédentes. Notons cependant qu'une des victimes est un motoneigiste. La saison qui s'annonce plus courte permettra-t-elle d'améliorer le bilan de cette activité ? Ce serait au moins ça de gagné. La dernière saison, qui a coûté la vie à au moins 28 motoneigistes, a été la plus meurtrière depuis l'année 2007-2008.

Montréal reçoit habituellement une cinquantaine de centimètres de neige en décembre - on parle ici de chutes totales et non d'accumulation au sol. En termes de précipitations, le mois pourrait donc s'avérer assez quelconque.

Par contre, la température moyenne s'annonce bien au-dessus de la normale, nous dit-on à Environnement Canada. C'était déjà le cas le mois passé. La moyenne de 4,3 °C constatée en novembre est deux fois plus élevée que la normale (2,1 °C). Et le gel actuel ne suffira sans doute pas à renverser la tendance. En date du 27 décembre, la moyenne frisait les 3 °C, alors que la normale est de-5,4 °C.

Pour tous ceux qui ont un logis à chauffer, c'est une excellente nouvelle. Si la froidure d'octobre a fait augmenter la consommation d'électricité des ménages de 11 % par rapport à l'an dernier, la douceur de novembre l'a réduite de 12 %, nous dit Hydro-Québec. Le mois de décembre devrait aussi se solder par une consommation moindre.

***

Avant la tempête d'hier, aucun vol en partance de Montréal-Trudeau n'avait été annulé pour cause d'intempérie cette saison. La liste de tout ce dont on ne s'est pas ennuyé pourrait se poursuivre encore longtemps. Le début de l'hiver a été difficile pour certains secteurs, mais l'argent ira ailleurs. Une partie a déjà été redirigée vers des activités et des articles moins dépendants du climat, le reste sera dépensé plus tard. Avec notre dollar anémique, le tourisme québécois devrait connaître un autre bel été.

Les changements climatiques risquent d'amener de nombreux problèmes, notamment pour les infrastructures et la santé humaine. Les bons côtés ne sont donc pas à dédaigner. Un hiver écourté comporte de nombreux avantages. Il faut les apprécier et arrêter de pleurer les neiges d'antan.

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