Crever la bulle

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« The Big Short ne se limite pas à raconter ce qui s'est passé, explique notre éditorialiste. Tout comme le livre du journaliste financier Michael Lewis, dont il est inspiré, il montre pourquoi personne, ou presque, n'a vu venir la crise. »

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Certains utilisent l'humour comme jadis les fous du roi pour parler tout haut de ce que personne n'ose dénoncer. D'autres, beaucoup plus rares, s'en servent pour éclairer les lanternes. C'est l'exploit que le réalisateur hollywoodien Adam McKay accomplit avec The Big Short, une comédie dramatique sur la mécanique implacable qui a mené à la crise immobilière américaine.

La semaine dernière, la Réserve fédérale américaine a finalement augmenté ses taux directeurs qu'elle maintenait au plancher depuis décembre 2008. Un geste hautement symbolique, perçu comme un signe de confiance envers l'économie, sept ans après la pire crise financière depuis le krach de 1929. La page est-elle vraiment tournée ? The Big Short fournit des outils pour en juger.

Le film nous plonge dans l'antépisode de la crise, entre 2005 et 2007, au moment où seule une poignée de financiers hors normes avaient détecté le séisme qui se préparait, et parié sur la chute du marché immobilier américain. Adam McKay, qui a fait carrière dans la comédie, notamment comme réalisateur (Anchorman, Talladega Nights) et scénariste en chef à Saturday Night Live, déploie des trésors d'ingéniosité pour faire comprendre ce qui, à ce jour, est demeuré un peu confus dans l'esprit de bien des gens. Vous vous demandez encore comment des obligations adossées à des actifs aussi douteux ont pu jouir d'une telle cote de crédit ?

Quand le chef-vedette Anthony Bourdain vous aura expliqué comment le ragoût de poisson si tentant sur un menu a pour fonction première de passer des invendus vieux de trois jours, vous ne vous poserez plus la question.

The Big Short ne se limite pas à raconter ce qui s'est passé. Tout comme le livre du journaliste financier Michael Lewis, dont il est inspiré, il montre pourquoi personne, ou presque, n'a vu venir la crise. Oui, le marché immobilier soutenu par des prêts hypothécaires complaisants. La complexité des produits financiers adossés à ces créances douteuses. L'aveuglement volontaire des agences de notation. Mais une fois qu'on a dit tout ça, il faut aussi reconnaître que bien peu de gens ont fait l'effort de percer ces écrans de fumée. C'est bien là le danger.

La bulle technologique n'était pas sitôt crevée qu'une nouvelle a commencé à se former dans l'immobilier. Cette fois, l'ampleur de la déflagration a rendu tout le monde un peu plus méfiant. Mais nous a-t-elle immunisés contre la quête de rendements mirobolants accessibles à tous sans effort ? À voir tout un chacun se lamenter sur les perspectives de croissance anémiques et retenir son souffle dans l'attente du redémarrage en force qui viendrait régler tous nos problèmes, on peut en douter.

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