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« Ce n'est pas un problème de chercheurs, mais un enjeu d'intérêt public », juge Ariane Krol.

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Près de la moitié du budget de la province sert à financer la santé et les services sociaux. Et pourtant, on se plaint du manque de ressources. Sont-elles bien utilisées ? Le Québec dispose de données fabuleuses pour répondre à ce genre de question. Le hic, c'est que les chercheurs universitaires ont toute la misère du monde à y avoir accès, quand ils y parviennent. Il faut que ça change, et rapidement. Nous n'avons pas les moyens de nous priver de l'éclairage des faits.

Le problème, heureusement, commence à être entendu.

Notre collègue Jean-François Bégin en a parlé la semaine dernière. Le magazine L'actualité en a fait la une de son dernier numéro. Et le mémoire présenté récemment par le scientifique en chef du Québec en commission parlementaire a eu des échos. Le ministre Jean-Marc Fournier est bien au fait de la situation.

Il était temps. Ce n'est pas un problème de chercheurs, mais un enjeu d'intérêt public. La Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) et le réseau de la santé sont assis sur une mine de données sur la façon dont les services publics sont fournis et utilisés depuis des décennies. Cette matière brute n'appartient pas au gouvernement, mais aux Québécois. Ce sont eux qui ont généré ces informations et qui les ont financées. Si elles peuvent alimenter des recherches susceptibles d'améliorer les services, on serait stupide de s'en priver.

Nos voisins ontariens l'ont compris depuis longtemps. Chez eux, c'est un institut indépendant, financé par le ministère de la Santé, qui centralise ce type de renseignements, et ce, depuis près de 25 ans. L'ICES (Institute for Clinical Evaluative Sciences) a sa propre équipe, mais les chercheurs externes, y compris ceux d'autres provinces, peuvent aussi utiliser ses données. Des centaines d'études sont ainsi réalisées chaque année. Certaines visent à répondre à des questions du Ministère ou d'établissements du réseau, d'autres à documenter des phénomènes identifiés par des scientifiques. L'Ontario y gagne à tout coup, puisque chacune de ces recherches éclaire un pan de sa réalité.

Certaines peuvent nous être utiles. Une étude dont nous avons parlé en août a montré que les Ontariens frappés par l'insécurité alimentaire coûtent jusqu'à 76 % plus cher en soins publics (1092 $ par an). À l'heure où l'on s'interroge sur les banques alimentaires, il est intéressant de voir que la faim peut avoir un tel impact sur un système de santé.

Dans la plupart des cas, toutefois, on est mieux servi par soi-même. Si l'on veut voir comment les modes de rémunération des médecins influent sur l'efficacité et la performance du système, il faut le faire dans le contexte québécois. Or, les chercheurs qui ont obtenu le mandat du Commissaire à la santé et au bien-être pour répondre à cette question n'ont pas réussi à obtenir le type de données qu'ils comptaient utiliser à l'origine - et ce, même si le commissaire est mandaté par le gouvernement pour éclairer ses décisions.

Quant à la confidentialité, elle ne devrait pas être vue comme un obstacle, mais un préalable à l'accès. Si l'Ontario, mais aussi la Colombie-Britannique et le Manitoba se sont organisés pour rendre leurs informations disponibles tout en en protégeant l'anonymat, le Québec peut le faire. La seule chose qui compte, et qui reste à démontrer, c'est la volonté politique de favoriser la recherche sur ces données.

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