Rhume, grippe et pubs douteuses

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« Plusieurs provinces, dont l'Ontario et l'Alberta, offrent le vaccin contre la grippe sans frais à toute leur population, et permettent aux pharmacies de l'administrer », explique notre éditorialiste.

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Une chaîne de pharmacies qui profite d'une campagne de vaccination publique pour mousser un produit de santé naturel ? La promotion conjointe réalisée par Rexall et Cold-FX dans certaines provinces canadiennes en a indigné plusieurs. À juste titre.

Plusieurs provinces, dont l'Ontario et l'Alberta, offrent le vaccin contre la grippe sans frais à toute leur population, et permettent aux pharmacies de l'administrer. Une solution pratique pour les citoyens, donc susceptible d'augmenter le taux de vaccination, et qui amène du monde en magasin : jusqu'ici, tous y trouvent leur compte.

Rexall a cependant tiré la couverture de son côté cet automne, en profitant de l'occasion pour augmenter ses ventes de comprimés Cold-FX. « Meilleurs ensemble-Réduit davantage les symptômes de rhume et de la grippe lorsque combiné au vaccin contre la grippe », affirme, en substance, la publicité anglaise en circulaire et en magasin.

La promotion croisée est une technique de marketing éprouvée. Sauf que ça doit se faire entre partenaires consentants. Ce n'est évidemment pas le cas des provinces qui payent les vaccins. Qu'une chaîne de plus de 450 magasins et une société pharmaceutique cotée en Bourse profitent d'une opération de santé publique financée par les contribuables pour vendre leur marchandise est pour le moins choquant. Et ce n'est qu'une partie du problème.

Les vertus attribuables au produit ont une portée pas mal moins large que ne le laissent entendre ces réclames. Et la société montréalaise Valeant Canada, qui a racheté le fabricant de Cold-FX il y a quelques années, n'est pas la seule en cause.

L'allégation selon laquelle ces comprimés procureraient « une réduction accrue des symptômes du rhume et de la grippe » lorsque combinés « au vaccin contre la grippe » a bel et bien été approuvée par Santé Canada. Le hic, c'est que le site du ministère n'indique pas les preuves retenues à l'appui. Dans ce cas précis, il s'agissait de recherches publiées en 2004 et 2011. Au-delà de la taille de l'échantillon ou de la mesure de l'effet, il est important de savoir que l'expérience a porté sur des sujets de 65 ans ou plus, tous vaccinés, et qui ont consommé le produit durant au moins huit semaines.

De quoi recadrer sérieusement les attentes du public !

Malheureusement, rien de tout cela n'apparaît dans la monographie mise en ligne par Santé Canada. Le fabricant, comme de raison, ne le mentionne pas davantage dans sa pub, et s'en tient aux formulations autorisés.

Il y a deux ans déjà, le médecin et blogueur Yoni Freedhoff avait dénoncé une promotion de Rexall pour une autre substance « susceptible d'aider à améliorer la réponse du système immunitaire après l'administration du vaccin ». On s'étonne que les provinces tolèrent encore de telles manoeuvres. Et surtout, on se demande ce qu'Ottawa attend pour revoir l'encadrement des produits de santé naturels, dont les effets indésirables ont été maintes fois dénoncés.

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