Remède recherché

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« Dans un contexte où les molécules hors de prix vont se multiplier, alors que les fonds publics sont de plus en plus limités, les gouvernements ne pourront pas se permettre de négocier à armes aussi inégales très longtemps », écrit notre éditorialiste.

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Si les prix des médicaments ont enlevé de la pression aux systèmes de santé depuis quelques années, le répit risque d'être de courte durée, montre le Panorama de la santé 2015 dévoilé hier par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

L'importance du médicament dans les soins a beaucoup augmenté depuis 40 ans.

Si les hôpitaux représentent toujours la plus grande part des dépenses au Canada, leur poids relatif a diminué du tiers depuis le milieu des années 70. Ils drainent aujourd'hui moins de 30 % des sommes consacrées à la santé au Canada, contre 45 % auparavant. Pendant ce temps, la part des médicaments a presque doublé, frisant les 16 %, rapportait l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) la semaine dernière. Ces dernières années, toutefois, les nouvelles molécules ont été moins nombreuses, plusieurs brevets sont arrivés à échéance et les provinces on plafonné les prix des génériques. Les dépenses en médicaments ont donc ralenti, ici comme ailleurs.

« L'évolution du marché pharmaceutique, avec la disponibilité accrue de médicaments onéreux, suggère que la croissance des dépenses pharmaceutiques pourrait repartir à la hausse », prévient toutefois l'OCDE.

Les nouveaux traitements contre le cancer sont souvent très chers. Sur treize anticancéreux approuvés par la FDA en 2012, douze coûtaient plus de 100 000 $US par an. 

L'Australie a vu le prix de remboursement moyen des anticancéreux doubler durant les années 2000, alors que les autres médicaments d'ordonnance augmentaient seulement du tiers.

Le phénomène touche d'autres maladies. Des nouveaux traitements pour la sclérose en plaques coûtent cinq à sept fois plus cher que ceux de première génération. Et les médicaments dits orphelins, qui ciblent des maladies rares, ont un coût annuel médian par patient 19 fois plus élevé que les autres.

Dans certains cas, les avancées sont spectaculaires. Les molécules contre l'hépatite C Harvoni et Holkira Pak ont un taux de guérison de plus de 90 % et peu d'effets indésirables. Mais le progrès est souvent prohibitif. Le coût d'une année de vie gagnée grâce aux nouveaux anticancéreux a presque quadruplé en vingt ans aux États-Unis. Aux Pays-Bas, des médicaments utilisés pour traiter des maladies orphelines coûtent plusieurs millions d'euros par QALY (année de vie pondérée en fonction de la qualité) gagnée.

Comment se payer ces traitements ? Pour l'instant, cela se fait surtout par des ententes avec les sociétés pharmaceutiques. Québec a finalement décidé de participer à celles négociées par d'autres provinces, et a ouvert la porte à en conclure d'autres. Plusieurs pays le font déjà.

D'ordinaire, les systèmes de santé s'inspirent de l'expérience des autres. Dans ce cas-ci, toutefois, c'est impossible, à cause du secret imposé par les pharmas. Mais dans un contexte où les molécules hors de prix vont se multiplier, alors que les fonds publics sont de plus en plus limités, les gouvernements ne pourront pas se permettre de négocier à armes aussi inégales très longtemps.

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