Un accord pour l'instant

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Les pertes annoncées dans les productions agricoles sous gestion de l’offre ou dans l’automobile frappent davantage que les gains potentiels dans les secteurs des services financiers, des produits forestiers, du bois ou de l’aérospatiale, rappelle notre éditorialiste.

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L'accord de libre-échange annoncé hier dans le cadre du Partenariat transpacifique (PTP) est un développement majeur en matière de commerce international, comme on n'en a pas vu depuis longtemps. Une fin de campagne électorale est toutefois un bien mauvais moment pour en prendre la mesure.

Beau joueur, le grand patron de l'Organisation mondiale du commerce s'est empressé de féliciter les pays membres du PTP, disant y voir un signe encourageant pour ses propres négociations.

Cette annonce donne pourtant raison aux critiques de l'OMC qui, devant son incapacité à conclure un nouvel accord, prédisaient une multiplication des traités bilatéraux et régionaux. Près de 15 ans après le début de la ronde de Doha, les preuves s'accumulent, celle-ci plus éclatante que toutes. La zone PTP, un marché de presque 800 millions de personnes, englobe près de 40 % de l'économie mondiale.

Est-il plus facile de s'entendre à 12 pays qu'à 161 ? Les négociations tendues, étirées jusqu'au lever du soleil hier, montrent que ce n'est pas forcément le cas. D'autant que la partie est loin d'être terminée. Chaque pays doit encore signer et ratifier l'accord - chez nous, il devra être adopté au Parlement.

Le point de presse tenu hier matin à Atlanta était éloquent. Si l'ambiance générale était à l'autocongratulation, les participants étaient beaucoup plus évasifs sur les enjeux qui touchaient directement leur pays. Le représentant au Commerce américain Michael Froman, très à l'aise en hôte de la conférence, marchait sur des oeufs lorsqu'il a été question des médicaments biologiques, sur lesquels Washington a finalement cédé. Chaque délégation a dû lâcher du lest, plusieurs auront un gros travail de vente à faire à la maison.

L'exercice prend une tournure particulière dans le contexte électoral qu'est le nôtre. Les chefs se sont déjà prononcés sur les avantages ou les dangers de l'entente, ils ne se gêneront pas pour y revenir.

Cet accord risque de devenir le principal, sinon le seul enjeu du reste de la campagne. Hélas, on pourrait difficilement imaginer climat moins propice.

Dans l'esprit des électeurs, un tiens perdu vaudra toujours plus que deux tu l'auras. Les pertes annoncées dans les productions agricoles sous gestion de l'offre (lait, oeuf, volaille) ou dans l'automobile frappent davantage que les gains potentiels dans les secteurs des services financiers, des produits forestiers, du bois ou de l'aérospatiale. On ne peut pas les blâmer. Car enfin, qui peut dire, aujourd'hui, si le Canada a bien tiré son épingle du jeu et gagné plus qu'il n'a cédé ? Pour le savoir, il faudrait avoir les textes définitifs (on ne les a pas) et le temps de les analyser (il n'en reste plus beaucoup d'ici au 19 octobre).

Le premier ministre Harper n'a pas caché sa satisfaction d'être parvenu à un accord. S'il veut convaincre de sa valeur, il doit en rendre tous les détails publics au plus vite.

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