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La Banque du Canada devrait publier demain des données sur le produit intérieur brut (PIB) réel qui confirmeront que le pays a été en récession technique durant la première moitié de l'année. La question est maintenant de savoir s'il faut parler de récession au présent ou au passé.

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Les données sur le produit intérieur brut (PIB) réel publiées demain devraient confirmer que le pays a été en récession technique durant la première moitié de l'année. Les enjeux économiques seront donc au coeur de la campagne électorale fédérale cette semaine encore. Le défi, pour les candidats, sera d'en traiter intelligemment.

La question est maintenant de savoir s'il faut parler de récession au présent ou au passé. Les chiffres dévoilés par Statistique Canada demain matin porteront en effet sur le mois de juin, celui qui nous manque pour voir si l'économie s'est contractée pour le deuxième trimestre de suite. Pour la période en cours, ça reste à voir. Toutefois, il y a de bonnes chances que ce hoquet soit déjà passé.

Desjardins, qui avait été parmi les premières institutions financières à évoquer la possibilité d'une récession en début d'été, s'attend à une croissance d'environ 0,4 % en juin. Ce n'est pas assez pour contrebalancer les deux mois précédents et ramener le trimestre en territoire positif, mais ce pourrait fort bien être l'amorce d'un regain.

Les dernières semaines nous ont donné plusieurs nouvelles positives, souligne l'économiste principal de Desjardins, Benoît Durocher. Les données canadiennes publiées jusqu'ici pour le mois de juin montrent un rebond des exportations, ainsi qu'une augmentation des ventes des industries manufacturières et des grossistes. Sans oublier l'économie américaine, qui se porte encore mieux qu'on ne le pensait. La croissance de son PIB réel au deuxième trimestre a été fortement révisée à la hausse jeudi dernier, passant de 2,3 à 3,7 %. La vigueur de notre plus gros client fait plaisir à voir. Surtout quand la faiblesse de notre devise rend le coût de nos biens et services, et des voyages au Canada, si attrayant.

Certes, on ne s'attend pas à un redémarrage sur les chapeaux de roue. La Banque du Canada ne prévoit qu'une modeste progression de 1,1 % pour l'ensemble de l'année. Les candidats au poste de premier ministre devraient néanmoins faire attention à leurs choix de mots, et éviter d'agiter des épouvantails.

Pour l'instant, il ne s'agit que d'une légère contraction qui, pour autant qu'on le sache, pourrait bien être derrière nous. Affirmer que le pays est (actuellement) en récession et s'accuser les uns les autres de ne pas avoir la bonne recette pour sortir de ce marasme imaginaire serait totalement irresponsable. Tout ce qu'on peut espérer récolter avec un tel discours, c'est une perte de confiance des consommateurs - effet indésirable s'il en est un quand l'économie tourne au ralenti.

Évidemment, cela n'aide en rien l'atteinte de l'équilibre budgétaire promis dans le dernier budget fédéral, qui repose sur une croissance de 2 %. Cette incertitude n'a cependant aucune commune mesure avec celle qui régnait durant la campagne de l'automne 2008, alors que le monde était plongé dans la pire tourmente financière depuis 1929. Les difficultés actuelles, ne l'oublions pas, tiennent surtout aux cours de l'énergie et des matières premières. Elles nous rappellent la nécessité de développer les autres secteurs de notre économie, mais nous sommes loin d'une crise qui justifierait que les politiciens grimpent dans les rideaux pour s'en faire des capes de superhéros.

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