200 millions de bouteilles

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Si certains avancent que la consigne permettrait une plus grande récupération du verre, les opposants à la consigne plaident que la collecte sélective fonctionne très bien.

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C'est la quantité de rebuts de verre générés par les ventes de la Société des alcools du Québec (SAQ). La question n'est pas de savoir si, mais comment on instaure un système de consigne.

Pour traiter ces bouteilles, une consigne serait plus avantageuse que la collecte sélective, conclut un rapport commandé par Québec au Centre de recherche en économie de l'environnement, de l'agroalimentaire, des transports et de l'énergie (CREATE) de l'Université Laval. Une question de poids, indique le document pas encore publié. Si les coûts de traitement des divers contenants consignés sont assez semblables, les bouteilles d'alcool sont beaucoup plus lourdes. Les consigner allégerait considérablement le contenu des bacs de recyclage géré par la collecte sélective.

Un tel changement ne fera pas l'unanimité, mais le statu quo non plus. Essayer de plaire à tout le monde serait aussi vain qu'improductif. Les positions sont solidement campées. Toutes les parties ont des arguments chiffrés pour se défendre - depuis le temps que le débat tourne en rond, chacun a eu le temps de s'équiper.

Les opposants à la consigne plaident que la collecte sélective fonctionne très bien merci. Effectivement, la collecte à domicile à jours fixes est pratique pour le consommateur. C'est après que ça se gâte. Si certains centres de tri vantent leurs équipements à la fine pointe, tous ne peuvent pas en faire autant. Résultat, une partie importante des bouteilles qui ont le plus de valeur, celles en verre blanc, n'est pas revendue comme matière première pour en fabriquer des nouvelles. Du pur gaspillage.

De plus, le verre contamine d'autres matières présentes dans le bac, causant toutes sortes de problèmes. Les coûts atteignent 5,4 millions de dollars pour l'ensemble des intervenants de la chaîne de collecte, a calculé le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) pour l'année 2010.

Une consigne détournerait les bouteilles d'alcool des bacs, réduisant grandement ces problèmes.

Évidemment, certains ne se donneront pas la peine de les rapporter. Avec un remboursement de 20 ou 40 cents à la clé, toutefois, des individus et des organismes ne se gêneront pas pour les ramasser, comme cela se voit déjà avec les autres contenants consignés.

Reste à s'organiser. La SAQ ne veut pas se voir imposer ces retours, les associations d'épiciers non plus. Il faudra en tenir compte.

Un rapport commandé par la SAQ suggère un modèle qui coûterait 115 millions à déployer et 27 millions par an à exploiter. Comparé aux 11 millions que la société d'État perçoit et reverse annuellement pour couvrir la collecte collective de ses bouteilles, c'est impressionnant. Toutefois, ce n'est qu'une première proposition. Tous les autres scénarios restent à explorer. Des commerces ou des points de service existants pourraient être intéressés par le mandat.

Le gouvernement Couillard s'est montré ouvert à l'idée d'une telle consigne. Il doit avancer dans cette direction.

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