Salaire de base: 70 000$

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Le fondateur de Gravity Payments a causé tout un choc à ses employés cette semaine. D'ici trois ans, chacun d'entre eux gagnera au moins 70 000$, a-t-il annoncé. Pour ce faire, il a réduit son propre salaire de presque un million de dollars à 70 000$.

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Pour un travailleur qui gagne la moitié de cette somme, c'est une grosse amélioration. Et pour un patron qui touche près d'un million par année? Selon Dan Price, ce jeune entrepreneur de Seattle qui vient de sabrer son salaire pour mieux payer son personnel, c'est largement suffisant. En voilà un qui sait compter.

Le fondateur de Gravity Payments a causé tout un choc à ses employés cette semaine. D'ici trois ans, chacun d'entre eux gagnera au moins 70 000$, a-t-il annoncé. Pour ce faire, il a réduit son propre salaire de presque un million de dollars à 70 000$. Les trois quarts des profits attendus cette année serviront aussi à financer cette promesse.

Sur 120 employés, 70 recevront une augmentation, dont 30 qui doubleront leur salaire, a indiqué une porte-parole de l'entreprise au New York Times.

Gravity se spécialise dans le traitement des transactions par carte de crédit. Dan Price a lancé le service il y a 11 ans, à l'âge de 19 ans. Deux éléments, dit-il, ont motivé sa décision. Des conversations avec des amis lui ont fait réaliser à quel point l'équilibre est précaire quand on gagne 40 000$ par an aux États-Unis. Et une étude de l'Université Princeton montrant que le bien-être émotionnel augmente avec le revenu, mais pas indéfiniment: passé 75 000$ par an, ça ne fait plus de différence.

Même venant de la côte Ouest, où les jeunes entreprises sont très créatives en matière de ressources humaines, ce n'est pas banal. Au lieu d'investir dans une atmosphère de travail aux allures de camp de vacances, Gravity donne de l'argent sonnant. Ce ne sont pas les employés au bas de l'échelle qui s'en plaindront.

***

Dan Price, dont la société à capital fermé a un chiffre d'affaires d'environ 150 millions, n'est pas dans la même ligue que les patrons du Fortune 500. N'empêche, son geste nous rappelle leur démesure. En 2013, les PDG des 350 plus grosses sociétés américaines cotées en Bourse ont empoché presque 300 fois plus que le salarié type de leur secteur.

Et la grogne ne vient plus seulement d'en bas. On le voit ici avec la société minière Barrick Gold. Cette année encore, des firmes de conseil en gouvernance recommandent de voter contre la rémunération de 12,9 millions allouée au président du conseil. Cette hausse de 36%, alors que la performance de Barrick est inférieure à celle des sociétés comparables, est d'une indécence qui frise l'exhibitionnisme.

Dan Price pourrait donner des leçons d'image. Pour environ 930 000$ par an (la somme dont il se privera jusqu'à ce que les profits aient suffisamment augmenté pour couvrir les salaires de ses employés), il a récolté une tonne de publicité gratuite dans les plus grands médias américains. Gravity n'est plus une solution de paiement anonyme pareille à des dizaines d'autres, mais une entreprise à visage humain, sensible aux difficultés économiques des gens ordinaires. Aux yeux des clients potentiels, petits commerçants pour la plupart, ça fait toute la différence.

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