Bell entend raison

Contrairement à Facebook et Google, Bell ne fait... (Photo Chris Wattie, archives Reuters)

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Contrairement à Facebook et Google, Bell ne fait de cadeau à personne.

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Dans une volte-face à la 25e heure, Bell a renoncé hier à l'élément le plus controversé de son programme de profilage publicitaire. Les abonnés ne seront plus embrigadés de facto, promet l'entreprise. Une victoire pour le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, et pour tous les citoyens inquiets de ce précédent.

La controverse a démarré en août 2013 lorsque Bell a avisé ses abonnés sans-fil qu'elle utiliserait leurs données personnelles pour leur présenter des publicités ciblées. Ce «programme de publicité pertinente» couvrait tous les clients de Bell Mobilité. Ceux qui ne voulaient pas en faire partie devaient faire les démarches pour s'en retirer. La manoeuvre a suscité un tollé. Le Commissariat a reçu 170 plaintes, un record pour un sujet touchant sa Loi sur la protection des renseignements personnels.

Ce consentement implicite n'est pas adéquat, a confirmé le commissariat hier matin. «Nous sommes déçus que Bell ait refusé de mettre en oeuvre notre recommandation de donner expressément à ses clients le choix de participer ou non», a alors indiqué le commissaire Daniel Therrien dans son rapport d'enquête.

Décevant et exaspérant, surtout que le fournisseur avait accepté de corriger plusieurs autres problèmes. «Bell se conformera à la décision du Commissaire à la vie privée, incluant l'obtention du consentement préalable de nos clients», a finalement annoncé une porte-parole de l'entreprise par courriel en début d'après-midi.

Ce coup de volant in extremis donne une image un peu erratique à l'entreprise, mais, sur le fond, c'était la voie à suivre. D'autant que Bell prévoit étendre son initiative aux clients des services résidentiels (télé, téléphonie, internet filaire).

Il faut savoir que chaque client intégré au programme est doté d'un profil contenant des données démographiques (sexe, langue, groupe d'âge, partie du code postal) ainsi que des informations sur son compte (type de plan et d'appareil) et sur son usage du réseau (sites consultés et applications utilisées). L'ajout des services résidentiels permettra d'inclure d'autres paramètres, comme les émissions de télé regardées et la navigation internet.

Les publicitaires clients de Bell n'ont pas accès à l'identité des abonnés. Ils reçoivent des profils anonymes correspondant au consommateur type qu'ils veulent cibler. N'empêche, c'est une mine d'informations. On s'attendrait à ce qu'un fournisseur demande la permission.

Bell réclame d'ailleurs que les correctifs auxquels elle a consenti s'appliquent aussi à Facebook et Google. Ce serait l'idéal. Rappelons toutefois que contrairement à ces sociétés, qui offrent leurs services gratuitement en échange des données de leurs usagers, Bell ne fait de cadeau à personne.

Ce dénouement, quoique favorable, nous rappelle que le Commissariat aurait besoin de vrais pouvoirs, comme celui d'imposer des amendes et des ordonnances. Ainsi, les entreprises n'attendraient pas à la dernière minute pour entendre raison.

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