À prendre avec un grain de sel

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La consommation de sel ne devrait pas dépasser 2300 milligrammes par jour.

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La quantité réelle de calories contenue dans un aliment peut être jusqu'à 20% plus élevée que mentionné sur l'emballage, et ce, en toute légalité, révèle notre collègue Marie Allard dans un dossier publié aujourd'hui. Une raison supplémentaire, s'il en fallait, d'arrêter d'obséder là-dessus.

Cette tolérance de 20% s'applique aux éléments du tableau de valeur nutritive. Mais dans les faits, l'écart est parfois supérieur, montrent les analyses de labo commandées par La Presse. Les bagels cannelle et raisins testés contenaient 9,5% plus de calories et 31% plus de gras qu'annoncé. Le pita à la salade de thon acheté au dépanneur: 138% plus de gras, 67% plus de sodium et 103 calories de plus (21%). Ce n'est pas rien.

Cela dit, même si la marge prévue dans la réglementation est de 20%, il faut plus qu'un produit déviant pour qu'un fabricant soit blâmé. Les tests portent sur un ensemble d'échantillons prélevés sur plusieurs lots, parfois à différents moments d'une production.

Que doit en conclure le consommateur qui, lui, ne mange pas une moyenne, mais un seul mets issu de l'usine en question? Que même si un aliment est fabriqué en série selon des procédés contrôlés, il ne faut pas attendre de son tableau de valeur nutritive la même précision qu'un plan de vol de navette spatiale. D'autant que cet aspect est loin d'être celui sur lequel les inspecteurs gouvernementaux insistent le plus. L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), le ministère québécois de l'Agriculture (MAPAQ) et la Ville de Montréal concentrent plutôt leurs efforts sur la salubrité et la déclaration des allergènes - deux facteurs pour lesquels les erreurs sont considérées plus lourdes de conséquences.

Bref, si votre santé vous oblige à restreindre votre consommation de certains nutriments, comme le sodium, et que vous achetez beaucoup d'aliments transformés, vous devriez prévoir une marge de sécurité par rapport aux valeurs affichées. Surtout que les allégations accrocheuses («faible teneur en sel», par exemple) bénéficient également d'un seuil de tolérance de 20%.

C'est dommage, parce que les étiquettes nutritionnelles sont de plus en plus consultées. C'est le moyen que les Québécois privilégient pour déterminer si un produit est réellement bon pour leur santé, montre un sondage CROP réalisé l'automne dernier pour le programme Melior. Sept consommateurs sur 10 les consultent à cette fin - jusqu'à 9 sur 10 parmi ceux qui estiment très bien manger.

Plusieurs facteurs, dont les matières premières, peuvent faire fluctuer la valeur d'un produit à l'insu des fabricants. Certains pourraient prendre des mesures pour améliorer la fiabilité de leurs données, mais de façon générale, leur bonne foi n'est pas en cause.

Plusieurs éléments de l'étiquetage demeurent très utiles, à commencer par la liste des ingrédients. Ce fameux tableau de valeur nutritive pourtant si en évidence, par contre, mérite d'être pris avec un grain de sel.

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