En finir avec le guichet unique

Les services de première ligne du système de... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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Les services de première ligne du système de santé québécois ne répondent pas aux besoins des patients, déplore notre éditorialiste.

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Dans les cliniques dirigées par du personnel infirmier praticien, vous pouvez obtenir un diagnostic et un traitement pour une maladie ou une blessure courante, des ordonnances et des tests sanguins. Ce service est offert gratuitement, n'oubliez pas d'apporter votre carte, indique le site internet du ministère de la Santé

Fiction? Non, réalité depuis plus de 10 ans en Ontario, où 25 de ces cliniques offrent une large gamme de services de première ligne. Les problèmes nécessitant une expertise plus pointue sont aiguillés vers un médecin ou un autre professionnel.

Ici? Il y a bien une petite clinique tenue par des infirmières à Québec. Et une équipe de consultation infirmière au Centre de santé et de services sociaux du Nord de Lanaudière. Un financement indépendant (150 000$ du syndicat FIQ dans le premier cas, 250 000$ de la Fondation de l'Ordre des infirmières dans le second) a toutefois été nécessaire pour que ces projets voient le jour. Ça donne une idée de la sclérose de notre système.

Oui, il y a des infirmières qui font beaucoup de choses en clinique, incluant du suivi et du sans rendez-vous. Sauf qu'il y en a d'autres qui, avec leurs compétences actuelles, pourraient en faire bien plus si on leur en donnait l'occasion. Sans nier les initiatives intéressantes qui existent dans le réseau, il faut bien admettre qu'en matière de diversification de la première ligne, on récolte ce qu'on a semé, c'est-à-dire de maigres progrès. Même les nouveaux services en pharmacie annoncés depuis des années se font toujours attendre.

On se retrouve donc, une fois encore, à rebrasser les mêmes cartes en essayant de répartir les omnipraticiens autrement. Un médecin de famille personnel, disponible au besoin, est une formule séduisante. Sauf qu'on ne voit pas le jour où on arrivera à l'offrir à tous. Il est temps de le reconnaître, au lieu de s'entêter dans ce modèle unique qui fait tant de laissés pour compte.

Quand la file est trop longue, on ouvre d'autres guichets. De multiples exemples, au Canada comme ailleurs, montrent qu'il existe plusieurs façons de répondre aux problèmes de santé courants et de suivre des maladies chroniques stabilisées. Il ne s'agit pas de prendre la place des médecins, seulement celle qu'ils n'occupent pas.

Le ministre de la Santé avait déjà exprimé son intention de voir les infirmières assumer un plus grand rôle. Il est convaincu d'y parvenir avec son projet de loi 20. Des omnis obligés de voir plus de patients en cabinet n'auront pas le choix de faire de la place aux infirmières, calcule-t-il.

L'équation se tient, mais les principales données rechignent à entrer dans les cases. Et même si le Dr Barrette avance avec l'aplomb d'un véhicule à chenillettes, la courte histoire de notre système de santé montre qu'il est bien difficile pour un ministre de faire faire exactement ce qu'il veut à des médecins. N'empêche: que cela passe par la loi 20 ou non, il faut ouvrir d'autres accès à la première ligne.

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