Quelle éducation?

Sommes-nous prêts, en tant que société, à faire... (Photo Ninon Pednault, archives La Presse)

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Sommes-nous prêts, en tant que société, à faire de l'éducation une véritable priorité - c'est-à-dire un choix avec lequel nous serons conséquents, au détriment, même, d'autres considérations?

Photo Ninon Pednault, archives La Presse

Être le deuxième poste de dépenses de l'État et former les citoyens de demain ne garantit plus une place dans le discours électoral: l'éducation, vous l'avez remarqué, brille par son absence depuis le 5 mars. Certes, le contexte d'une campagne est loin d'être idéal. Le sujet est difficile à saucissonner en promesses simples, chiffrables et réalisables à l'intérieur d'un mandat. Mais cela n'explique pas tout.

Sommes-nous prêts, en tant que société, à faire de l'éducation une véritable priorité - c'est-à-dire un choix avec lequel nous serons conséquents, au détriment, même, d'autres considérations? C'est en ces termes qu'il faut se poser la question.

Discuter de l'abolition des commissions scolaires ou de postes au ministère de l'Éducation, ce n'est pas parler d'éducation.

On a eu l'impression, à cause du printemps érable, d'avoir beaucoup parlé d'éducation lors de la campagne précédente. On a surtout parlé des universités. Sujet infiniment important, mais qui ne représente qu'une partie de l'équation.

En centrant le débat sur les droits de scolarité comme mesure de l'accès, on a commodément oublié qu'avoir à composer avec cette réalité, c'est déjà être privilégié. C'est avoir reçu le soutien et l'encadrement nécessaires durant son parcours scolaire. Ou, à défaut, avoir des capacités d'apprentissage assez robustes pour passer au travers de n'importe quel système. Tous n'ont pas cette chance. Des jeunes qui auraient le potentiel d'aller à l'université et d'y décrocher un diplôme profitable ne s'y rendront jamais.

Le même constat s'applique au cégep et à la fin du secondaire. Si l'on veut parler sérieusement d'éducation, on n'a pas le choix d'en revenir là. Au secondaire, d'où plus de Québécois devraient sortir avec un diplôme. Et au primaire, parce que c'est là qu'il faut commencer à aider les élèves en difficulté. À voir la popularité du décrochage, les efforts consentis sont loin d'être suffisants.

C'est peut-être pourquoi on entend si peu parler d'éducation. Notre taux de décrochage, comme l'attente aux urgences, est un embarras tel que plus un politicien n'ose s'y frotter. Non sans raison. Comment peut-on prétendre augmenter les taux de diplomation sans faire les changements qui s'imposent?

Faire de l'éducation et de la réussite scolaire une priorité exigerait qu'on fournisse les services requis aux élèves en difficulté, et des contenus stimulants aux plus doués. Qu'on conçoive les horaires de classe en fonction des besoins des jeunes. Qu'on fasse de l'enseignement un milieu attrayant, capable de rivaliser avec d'autres secteurs pour attirer les meilleurs candidats. Qu'on mobilise l'ensemble des parents... entre autres.

L'éducation est un enjeu important pour beaucoup d'électeurs. Mais figure-t-il en tête des priorités des Québécois? Les sondages réalisés en prévision et au début de la campagne montraient que non. Et rien de ce que nous avons vu et entendu ces dernières années ne nous porte à croire que ces sondages ont erré.




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