Jeu irresponsable

Habiter un quartier défavorisé ou avoir un faible... (Photo archives La Presse)

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Habiter un quartier défavorisé ou avoir un faible niveau de scolarité ou de revenu est fortement associé à la fréquence du jeu, ainsi qu'à la prévalence des problèmes de jeu, indiquent les recherches citées dans le rapport.

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L'omniprésence des appareils de loterie vidéo (ALV) fragilise les quartiers défavorisés, prévient la Direction de la santé publique de Québec. Il est vraiment temps de réduire notre dépendance envers les revenus de Loto-Québec.

«L'offre actuelle de loterie vidéo contribue aux inégalités sociales de santé dans la région de la Capitale-Nationale», souligne le directeur régional de santé publique dans un rapport publié mercredi. L'étude a repéré les 772 ALV en activité dans les bars, brasseries et tavernes de la région, et mesuré leur accessibilité.

Le constat est troublant. Un résidant d'une zone défavorisée au point de vue matériel ou social (revenu, scolarité, etc.) doit marcher deux fois moins pour se rendre au plus proche ALV. La distance médiane est de 660 mètres, contre 1325 mètres en zone favorisée. Cela signifie aussi que les premiers risquent de croiser pas mal plus d'établissements abritant des ALV lorsqu'ils se déplacent dans leur quartier.

C'est une bien mauvaise nouvelle pour ces résidants, qui sont justement plus susceptibles d'être affectés par les jeux de hasard. Habiter un quartier défavorisé ou avoir un faible niveau de scolarité ou de revenu est fortement associé à la fréquence du jeu, ainsi qu'à la prévalence des problèmes de jeu, indiquent les recherches citées dans le rapport. La proximité des ALV est aussi associée à davantage de problèmes de jeu. Et les gens ayant un faible niveau d'éducation ont plus tendance à avoir une attitude excessivement positive quant à leurs chances de remporter le gros lot, ont constaté d'autres études. Sans oublier qu'une même somme perdue au jeu a davantage d'effet sur un budget serré que sur un salaire à six chiffres.

Les populations qui ont un faible niveau de scolarisation ou de revenu ont déjà plus tendance à  souffrir de divers problèmes de santé, et à vivre moins longtemps. Il n'est vraiment pas nécessaire d'en rajouter en les surexposant aux ALV.

Environ 2% des adultes québécois seraient des joueurs pathologiques ou à risque. C'est peu, mais bien d'autres gens ont des problèmes avec le jeu. Dans un sondage réalisé en 2011, 7% des répondants admettaient avoir vécu des expériences négatives (problèmes financiers, professionnels ou de santé, conflits, culpabilité) en lien avec leurs habitudes de jeu.

Loto-Québec dit tenir compte de plusieurs critères dans l'emplacement de ses ALV, dont les revenus, et plaide que les établissements détenant un permis d'alcool sont plus nombreux dans les quartiers populaires.

De toute façon, ses stratégies sont tributaires des exigences du gouvernement. Or, le ministre des Finances a reconnu que la Société d'État rapportera 114 millions de moins que prévu cette année. Il devra en tenir compte dans son prochain budget, et ne pas imposer un objectif de rendement démesuré qui inciterait Loto-Québec à accroître la pression sur les quartiers vulnérables.




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