Le retour des OGM

Les opposants aux organismes génétiquement modifiés (OGM) ont eu droit à une... (Photo Thinkstock)

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Les opposants aux organismes génétiquement modifiés (OGM) ont eu droit à une formidable publicité gratuite de General Mills cette semaine. En faisant savoir que ses céréales Cheerios seront désormais exemptes d'ingrédients génétiquement modifiés, le fabricant américain a redonné une visibilité inouïe au débat et joué un vilain tour à ses concurrents.

L'annonce a pris tout le monde par surprise. Les boîtes de Cheerios nature vendues aux États-Unis porteront la mention «ne contient pas d'ingrédients génétiquement modifiés», a indiqué le fabricant, jeudi. Il utilise désormais de l'amidon de maïs et du sucre provenant de maïs et de canne à sucre non GM. (À part le mélange de vitamines, les Cheerios vendues ici sont similaires, mais elles ne porteront pas la mention «sans OGM», nous dit une porte-parole.)

L'entreprise nie avoir réagi aux pressions, mais l'organisme Green America, qui avait orchestré une campagne il y a un peu plus d'un an, s'est empressé de crier victoire. De fait, c'est le premier grand fabricant à reformuler un produit de la sorte. La portée du geste demeure toutefois limitée. La société de Minneapolis ne veut pas toucher aux autres saveurs de Cheerios, et les concurrents n'ont pas renchéri.

Ils ont néanmoins dû avaler leurs céréales de travers. Les États-Unis, comme le Canada, ont depuis longtemps fermé la porte à l'étiquetage obligatoire, et les projets présentés dans les États de la Californie et de Washington ont été rejetés par les électeurs. La chaîne spécialisée Whole Foods entend exiger la mention des OGM en 2018, mais en termes de visibilité, ça n'a aucune commune mesure avec ce que vient de faire General Mills. Grâce à elle, des milliers d'Américains qui ne pensaient pas aux OGM ont entendu que c'était une bonne chose de les éliminer. De la part d'un fabricant qui, comme Kraft, Nestlé ou ConAgra, est réputé avoir dépensé des centaines de milliers de dollars pour faire échec aux propositions d'étiquetage par l'État, c'est tout un revirement.

La stratégie n'est pas sans risque. Certes, elle permet à un produit septuagénaire de se démarquer. Sauf qu'elle n'écorche pas seulement les céréales concurrentes, mais celles de la maison, y compris les autres Cheerios.

Le fabricant avance en équilibre sur un fil très mince, comme en témoignent les communications sur son site. Son plaidoyer pro-OGM y figure toujours en bonne place, et la moitié du billet de blogue annonçant le changement apporté aux Cheerios souligne... que le produit n'a pas changé.

Malgré ce geste d'éclat, le débat sur les OGM n'a pas progressé d'un pouce. Entre les groupes qui réclament l'étiquetage obligatoire, officiellement au nom du droit de savoir, mais surtout dans le but de nuire à ces cultures, et l'industrie qui s'y oppose farouchement tout en essayant de convaincre les consommateurs de leur innocuité, la situation est toujours aussi bloquée.




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