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En tant que grandes entreprises, Bell, Rogers et Telus ont tout avantage à ce qu'un géant américain comme Verizon ne puisse pas entrer dans le marché canadien du sans-fil aux conditions actuelles.

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En tant que grandes entreprises, Bell, Rogers et Telus ont tout avantage à ce qu'un géant américain comme Verizon ne puisse pas entrer dans le marché canadien du sans-fil aux conditions actuelles. Les consommateurs, par contre, n'ont aucun intérêt à ce que ce marché se replie sur lui-même.

Les trois fournisseurs dominants dépensent des sommes et des énergies considérables pour convaincre le gouvernement Harper de revenir sur des décisions qui avaient été prises dans le but d'intensifier la concurrence. Leur stratégie? Recadrer le débat en réclamant une «concurrence sur un pied d'égalité». 

Si le plus gros fournisseur de cellulaire américain débarque ici dans les conditions réglementaires actuelles, disent-ils, il sera favorisé indûment puisqu'il bénéficiera de conditions différentes, dont certaines ont été pensées en fonction de nouveaux venus ayant moins de ressources financières.

Le gouvernement Harper, heureusement, ne se contente pas de regarder la situation par leur bout de la lorgnette. L'objectif, a rappelé le nouveau ministre de l'Industrie, est que les consommateurs aient plus de choix et que les prix baissent.

Et cela, il faut s'en souvenir, ne s'est pas produit lorsque les trois fournisseurs dominants étaient entre eux sur un «pied d'égalité» optimal. C'est arrivé après que de nouveaux venus aient pu acheter du spectre qui leur avait été réservé - une décision gouvernementale contre laquelle nos trois poids lourds avaient bruyamment protesté, en la qualifiant de subvention...

Bref, si le Canada ne trône plus aussi haut dans le palmarès peu enviable des pays où le cellulaire coûte le plus cher, c'est parce qu'Ottawa s'en est mêlé. Et s'il ne l'avait pas fait encore récemment, les trois gros pourraient absorber chaque petit fournisseur qui se met en vente. Cet interdit d'achat n'est pas une faille réglementaire, mais un garde-fou. Elle a pour but d'éviter que le changement de propriété de Wind Mobile et Mobilicity n'ait le même effet indésirable que celui Fido: une réduction de la concurrence.

Wind et Mobilicity détenant moins de 10% du marché, ils ne sont pas touchés par les limites sur la propriété étrangère. C'est pour cela que Verizon s'y intéresse, et non, parce qu'une telle acquisition est «réservée aux Américains» comme l'écrit Bell. On comprend que ce prétendant-là suscite de la nervosité, mais on ne va pas non plus modifier les règles de façon à écarter tous ceux qui sont capables de tenir tête aux fournisseurs dominants!

Par contre, les règles conçues pour aider des nouveaux venus ayant moins de moyens (comme la possibilité de miser sur davantage de blocs de spectre et l'obligation faite aux fournisseurs établis de partager leurs réseaux) méritent d'être examinées si Verizon, ou un fournisseur disposant de ressources financières et d'atouts comparables, décide de venir ici.

Cela dit, ce n'est encore qu'une possibilité. Si elle se concrétise, Ottawa devra être ouvert à faire des ajustements. Sinon, il devra tenir le cap. Les effets bénéfiques de la concurrence commencent à peine à se faire sentir dans le marché canadien du sans-fil. Si on laisse cette concurrence s'étioler, ce sont les consommateurs qui en paieront le prix.

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